Belgrade renonce à un palace estampillé Trump sur un site symbolique après la mise en examen du ministre serbe de la Culture
Belgrade renonce à un palace estampillé Trump sur un site symbolique après la mise en examen du ministre serbe de la Culture

Le projet de transformer un bâtiment emblématique de Belgrade en hôtel de luxe sous la marque Trump vient d’être abandonné en Serbie. Cette décision intervient dans un contexte politique et judiciaire explosif, après la mise en examen du ministre serbe de la Culture, Nikola Selakovic, ainsi que de plusieurs hauts responsables chargés du patrimoine.

L’investissement immobilier devait permettre la reconversion du Generalstab, ancien quartier général militaire yougoslave et symbole majeur de l’architecture moderniste d’après-guerre dans la capitale serbe. Mais la controverse autour de ce réaménagement, jugé sensible sur le plan mémoriel, s’est brutalement intensifiée avec l’ouverture de poursuites pour abus de pouvoir et falsification de documents officiels, des accusations contestées par les intéressés.

Un projet lié à Jared Kushner au cœur de la polémique

Le chantier devait être porté par Affinity Global Development, une société liée à Jared Kushner, gendre de Donald Trump et ancien conseiller de l’ex-président américain. Le complexe devait être dominé par un Trump International Hotel, dans un pays où la présence de la marque Trump sur un lieu chargé d’histoire avait déjà suscité de fortes critiques.

En 2024, le gouvernement serbe avait pourtant validé un contrat avec cette entreprise, ouvrant la voie à la transformation du site. Mais les procédures judiciaires ont changé la donne, provoquant l’arrêt net d’un projet devenu politiquement intenable.

Le patrimoine yougoslave sous pression

Au-delà du Generalstab, plusieurs observateurs alertent sur une tendance plus large : la fragilisation d’autres lieux patrimoniaux hérités de l’époque yougoslave. Selon The Art Newspaper, l’hôtel Jugoslavija a déjà été détruit en janvier 2025 dans le cadre d’un autre programme immobilier, tandis que d’autres sites pourraient suivre.

Pour des chercheurs spécialisés, ces opérations s’inscrivent dans un processus d’effacement progressif de la mémoire yougoslave socialiste. Le Generalstab serait ainsi devenu un cas emblématique des tensions entre développement immobilier, identité nationale et politique mémorielle en Serbie.

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