Réchauffement climatique : Météo-France publie des projections inédites pour les territoires ultramarins
Réchauffement climatique : Météo-France publie des projections inédites pour les territoires ultramarins

Météo-France a annoncé lundi la mise en ligne de projections climatiques à haute résolution spécifiquement conçues pour les territoires d’outre-mer français, aux horizons 2030, 2050 et 2100. Ces données, disponibles sur le portail DRIAS, couvrent désormais les Antilles, qui rejoignent La Réunion, Mayotte, la Guyane et la Nouvelle-Calédonie, déjà dotées de leurs indicateurs. Ceux de la Polynésie française sont attendus fin mars. Ce chantier, lancé en 2024 et mobilisant quarante personnes pendant dix-huit mois, est qualifié d’« opération de rattrapage » par Sophie Martinoni-Lapierre, directrice de la climatologie à Météo-France, pour des territoires « longtemps manquants dans les exercices de simulation ».

Les chiffres projetés sont frappants. À Mayotte, le nombre de jours dépassant 32°C pourrait atteindre environ 200 par an à l’horizon 2100, contre une trentaine actuellement. En Guyane, les nuits chaudes pourraient passer de moins de dix par an à environ 230. En Guadeloupe, les journées à 33°C ou plus, aujourd’hui rares, atteindraient 85 à 90 par an. Ces évolutions s’inscrivent dans un cadre de réchauffement projeté de +2,7°C pour les Antilles françaises à l’horizon 2100 par rapport à l’ère préindustrielle, un niveau inférieur à celui anticipé pour la métropole, mais dont les effets n’en sont pas moins sévères.

Des territoires exposés malgré un réchauffement moindre

« Ce n’est pas parce qu’on a un niveau de réchauffement moindre dans les outre-mer que la situation est plus favorable », souligne Agathe Drouin, responsable du département Études et Modélisation à Météo-France. Le cadre de référence retenu est la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique, qui prépare la France hexagonale à +4°C en 2100, avec des variations selon les territoires ultramarins, de +2,3°C en Polynésie française à +3,5°C en Guyane.

Ces projections sont destinées à alimenter les politiques locales d’adaptation au changement climatique. Les premiers résultats « doivent nous alerter », a insisté Sophie Martinoni-Lapierre, soulignant que leur production a nécessité « des mois et des mois de calcul » sur les supercalculateurs de Météo-France.

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