Ces Français sinistrés attaquent l'État pour renforcer l'adaptation climatique
Ces Français sinistrés attaquent l’État pour renforcer l’adaptation climatique

L’État en fait-il assez face au dérèglement climatique ? Alors que les intempéries se multiplient déjà sous l’effet d’un climat réchauffé et désordonné, la France est pointée du doigt par ses propres citoyens, qui l’accusent de ne pas être à la hauteur de l’enjeu. Plusieurs victimes des conséquences concrètes du réchauffement se joignent à une nouvelle action en justice portée par un collectif de particuliers et trois ONG : Greenpeace France, Oxfam France et Notre affaire à tous, figures emblématiques de « L’Affaire du siècle ».

Des témoignages poignants, des vies bouleversées

Parmi les plaignants, des profils variés mais unis par les effets du dérèglement climatique : l’agriculteur Jérôme Sergent, touché par huit inondations entre novembre 2023 et mars 2024, déplore de lourdes pertes matérielles. Jean-Raoul Plaussu Monteil, en Isère, affirme que les canicules de plus en plus fréquentes dans sa commune aggravent ses crises d’épilepsie. À Mayotte, Racha Mousdikoudine, porte-parole du collectif Mayotte a soif, rappelle la détresse de centaines de milliers d’habitants privés d’eau potable : « Ne pas avoir d’eau, cela signifie ne pas se laver, ne pas laver ses enfants, parfois même renoncer à boire son café. »

Les ONG attaquent notamment le Plan national d’adaptation au changement climatique, présenté par le gouvernement en mars 2025, qu’elles jugent « largement insuffisant ». Selon Greenpeace, ce plan « ne garantit pas la protection de toute la population face aux impacts inévitables et croissants du dérèglement climatique », faute de mesures concrètes et d’une vision réellement opérationnelle.

Vers une nouvelle bataille juridique devant le Conseil d’État

Concrètement, les avocats des requérants vont d’abord adresser une « demande préalable » au gouvernement, pour lui demander de revoir ou de reconstruire son plan. Si aucune réponse satisfaisante n’est donnée, une requête sera déposée devant le Conseil d’État d’ici juin. Cette procédure s’inscrit dans la continuité de « L’Affaire du siècle », qui avait déjà permis la reconnaissance de la faute de l’État en 2021, mais dont les suites ont déçu les militants. Alors que mars 2025 s’est révélé être, en Europe, le mois de mars le plus chaud jamais mesuré, selon l’observatoire Copernicus, les plaignants espèrent cette fois forcer l’État à passer de la reconnaissance du problème à des mesures d’adaptation réellement à la hauteur du défi climatique.

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