Une juge fédérale américaine a rendu une décision restreignant l’accès de l’Agence pour l’efficacité gouvernementale (DOG), dirigée par Elon Musk, aux données de la sécurité sociale des citoyens américains, après que des syndicats ont exprimé des préoccupations concernant les pouvoirs étendus du milliardaire.
L’ordonnance émise par la juge de district Ellen Hollander interdit aux employés de cette agence d’accéder à des informations pouvant permettre l’identification personnelle des Américains, telles que le numéro de sécurité sociale, les antécédents médicaux ou les dossiers bancaires.
D’après la décision, l’Administration de la sécurité sociale ne pourra fournir que des dossiers expurgés ou anonymisés aux employés de la DOG, à condition qu’ils aient passé des vérifications d’antécédents et reçu une formation sur les lois, règlements et politiques fédérales en matière de confidentialité, selon l’Agence France-Presse (AFP).
L’administration dirigée par Musk est largement critiquée pour s’être immiscée dans toutes les agences gouvernementales, réduisant les effectifs et éliminant certains programmes jugés frauduleux ou incompatibles avec l’agenda présidentiel.
Cette décision intervient après des informations selon lesquelles Michelle King, la responsable de l’Administration de la sécurité sociale, a démissionné en février, en réaction aux demandes de la DOG d’accéder aux données des bénéficiaires de la sécurité sociale.
Un groupe de syndicats a intenté un recours, affirmant que l’agence « a ouvert ses systèmes de données à des personnes non autorisées, bafouant ainsi la vie privée de millions d’Américains ».
La Fédération américaine des employés des États, des comtés et des municipalités a salué la décision, la qualifiant de « cruciale ».
Dans un communiqué, elle a déclaré : « La décision d’aujourd’hui apporte un immense soulagement. » Elle est essentielle pour stopper les abus illégaux et dangereux de l’Agence pour l’efficacité gouvernementale. »
Selon l’ordonnance judiciaire, les employés de la DOG doivent également supprimer toute donnée non anonymisée de sécurité sociale en leur possession depuis l’entrée en fonction de Trump en janvier.
Ils ne pourront accéder à des données personnellement identifiables que dans des cas spécifiques, sur autorisation explicite d’un tribunal.
Et même dans ces cas, l’argument d’un « contrôle visant à détecter la fraude ou le gaspillage » ne suffira pas à lui seul à justifier l’accès.