Le projet de loi sur le budget de la Sécurité sociale, qui sera débattu à partir de lundi à l’Assemblée nationale, inclut plusieurs mesures controversées, dont une possible taxation des sucres transformés. La ministre de la Santé, Geneviève Darrieussecq, s’est exprimée en faveur de cette initiative, visant à encourager la prévention des maladies chroniques et des addictions liées à la consommation excessive de sucre. « Il ne s’agit pas de pénaliser les artisans, mais de responsabiliser les industriels pour qu’ils adaptent leurs recettes », a-t-elle déclaré dans un entretien à La Tribune Dimanche.
L’exécutif espère réaliser près de 5 milliards d’euros d’économies en 2025 dans le secteur de la santé, en partie grâce à cette nouvelle taxe, ainsi qu’à d’autres mesures, telles que la hausse de certaines cotisations et la réduction du remboursement des consultations médicales par la Sécurité sociale, de 70 % à 60 %. La ministre se dit ouverte à des alternatives, à condition qu’elles garantissent l’équilibre budgétaire, tout en promettant de protéger les plus modestes. Les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S) continueront de bénéficier d’une prise en charge totale.
Des économies supplémentaires sur les arrêts maladie et les médicaments
Le projet de loi prévoit également de réduire les indemnités journalières des arrêts de travail, une mesure qui devrait rapporter environ 600 millions d’euros d’économies. Geneviève Darrieussecq a précisé que les personnes percevant moins de 1,4 fois le SMIC ne seraient pas concernées par cette baisse. Par ailleurs, la Sécurité sociale pourrait diminuer la prise en charge des médicaments, afin de compenser une partie des dépenses supplémentaires liées à la revalorisation des consultations de médecins généralistes à 30 euros, prévue pour décembre.
Le déficit de la Sécurité sociale devrait atteindre 18 milliards d’euros cette année, bien au-delà des 10,5 milliards initialement anticipés, en raison de la hausse des dépenses de 5,3 %. Pour 2025, l’objectif est de ramener cette progression à 2,8 %.
Face aux inquiétudes concernant l’augmentation des cotisations des mutuelles, la ministre a appelé les assureurs complémentaires à « la responsabilité » et a souligné que le passage de nombreux patients en affection longue durée permettrait aux mutuelles d’économiser sur certains remboursements.
En parallèle, plusieurs parlementaires envisagent une loi de programmation pluriannuelle pour le secteur de la santé, similaire à celle des armées. La ministre soutient cette idée, soulignant l’importance de réformer le système de santé sur le long terme, notamment en matière de prévention. La ministre a également évoqué la santé mentale comme l’une de ses priorités, en prévision d’une grande cause nationale en 2025.
Les ajustements à l’Aide médicale d’État (AME) et la santé des femmes au cœur des réformes
L’Aide médicale d’État (AME) devrait subir des ajustements pour mieux contrôler les dépenses. La ministre a défendu la nécessité de renforcer les procédures d’autorisation pour certaines prestations, tout en rejetant les critiques sur des sujets polémiques, tels que le remboursement de soins esthétiques mineurs.
Enfin, Geneviève Darrieussecq a réaffirmé son engagement pour la santé des femmes, en particulier sur les sujets de l’endométriose et de la ménopause, avec de nouvelles initiatives prévues en 2025.
Le débat parlementaire à venir s’annonce intense, avec plus de 2 200 amendements déposés pour le projet de loi, promettant de vifs échanges sur les mesures proposées pour redresser les finances de la Sécurité sociale.