Le 8 novembre, la maison d’édition Fayard a annoncé engager une action en justice contre MédiaTransports pour contraindre la régie publicitaire des gares SNCF et du métro parisien à diffuser la campagne d’affichage pour le livre Ce que je cherche de Jordan Bardella, dont la sortie est prévue le 9 novembre. Ce dernier, président du Rassemblement national, s’était exprimé sur les réseaux sociaux, dénonçant une forme de « censure » après le refus de diffusion émis par MédiaTransports fin octobre.
Fayard, soutenu par Hachette Livre, dénonce une « atteinte grave à la liberté d’expression » et souligne que le refus de MédiaTransports intervient malgré un contrat déjà signé pour la diffusion de l’affiche dans plusieurs gares, entre le 25 novembre et le 17 décembre 2024. L’éditeur affirme que la couverture du livre ne comporte aucun message politique explicite. Selon un communiqué de Fayard, cette décision serait le résultat de « pressions syndicales intolérables » et crée un précédent de discrimination politique, d’autant que d’autres ouvrages de figures politiques, comme ceux de Nicolas Sarkozy ou de Ségolène Royal, avaient bénéficié de campagnes similaires.
De son côté, MédiaTransports justifie ce refus par sa charte de neutralité, précisant que l’affiche de Bardella, représentant le leader politique en exercice, enfreint ses règles. Cette charte interdit la promotion de contenus jugés politiques, syndicaux, ou contraires à l’ordre public. Plusieurs syndicats de cheminots, notamment la CGT-Cheminots et Sud-Rail, avaient en effet exprimé leur opposition à la campagne de Bardella, vue comme une provocation politique.
Le refus de diffusion dans les gares a suscité des réactions au-delà du monde des transports, notamment parmi les libraires. À Niort, la librairie L’Ombre du Vent a ainsi décidé de ne plus vendre les ouvrages de Fayard, dénonçant l’influence croissante de Vincent Bolloré, actionnaire de Hachette. La librairie précise toutefois qu’elle continue de répondre aux commandes pour respecter le Code de la consommation, tout en affichant publiquement sa position.
Enfin, Fayard, accompagné de ses avocats, a saisi le Tribunal de Commerce de Paris pour obtenir l’exécution du contrat de diffusion. Cette action juridique intervient à la veille de la sortie de l’ouvrage, ce qui pourrait, selon certains observateurs, contribuer à en augmenter la visibilité en pleine controverse.