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Le silence s’impose progressivement dans des secteurs où la convivialité était jusque-là essentielle. Que ce soit dans les salons de coiffure, les restaurants ou même les taxis, une nouvelle option « silencieuse » séduit de plus en plus de clients en quête de tranquillité. Ce phénomène, d’abord né au Japon, commence à faire son chemin à l’étranger.

Dans l’archipel nippon, le silence est un principe respecté, voire exigé dans certains espaces publics. Certains restaurants, par exemple, garantissent une expérience sans interaction avec le personnel, les plats étant servis par des tapis roulants autonomes. Les salons de coiffure japonais vont même jusqu’à proposer des coupes « silencieuses », une tendance confirmée par un sondage de 2024, où plus de la moitié des clients affirment préférer se faire coiffer sans parler.

Cette évolution s’étend désormais à d’autres pays. À Zurich, le salon Dry Cut permet à ses clients de choisir la « Silent Cut », un service sans bavardages. Un simple symbole sur l’écran indique au coiffeur de respecter cette demande. Selon le gérant Stefan Keller, cette option répond à une volonté de se concentrer sur le service, sans interférence sociale, après une journée de travail bien remplie.

Derrière cette tendance se cachent des raisons profondes. Fanny Lalot, docteure en psychologie sociale, évoque la pollution sonore omniprésente dans nos vies et le besoin croissant de moments de calme. En parallèle, certains clients souffrant d’anxiété sociale préfèrent éviter des interactions inutiles. Si ces services apportent un confort immédiat, ils soulèvent néanmoins une question : ne risquons-nous pas de perdre des moments d’échange essentiels pour notre santé mentale?

Le silence, souvent perçu comme inconfortable ou tabou dans nos sociétés, devient ainsi un luxe recherché dans un monde toujours plus bruyant. Un luxe qui, peut-être, nous permet de nous reconnecter à nous-mêmes, dans un moment de pure tranquillité.

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