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Paris, France - April 4, 2023: Sign at the entrance to the headquarters building of Vivendi, an international French group specializing in media and communication

Un fonds d’investissement indépendant, CIAM, a récemment saisi l’Autorité des marchés financiers (AMF) pour contester les modalités de la scission de Vivendi, prévue pour le 9 décembre 2024. À l’approche de cette Assemblée générale cruciale, les petits actionnaires, dont CIAM représente moins de 1%, expriment leurs préoccupations quant aux conditions de cotation envisagées pour les filiales Canal+, Havas et Louis Hachette Group.

CIAM critique le projet de cotation de Canal+ à Londres et de Havas à Amsterdam, affirmant que ces choix privent les actionnaires minoritaires des protections offertes par le droit boursier français. Catherine Berjal, cofondatrice de CIAM, souligne que ces places de marché permettent d’échapper aux règles françaises sur les offres publiques, renforçant ainsi le contrôle du Groupe Bolloré, actionnaire majoritaire de Vivendi.

Le courrier envoyé à l’AMF par CIAM demande que la scission n’ait pas lieu dans les conditions actuelles et préconise la cotation des entités sur le marché réglementé français. Le fonds estime que sans cette protection, les sociétés nouvellement cotées pourraient souffrir d’une décote sur le marché, rendant difficile leur valorisation.

Les inquiétudes de CIAM ne s’arrêtent pas là. Le fonds craint que cette scission empêche Havas de devenir une cible potentielle pour des acquisitions par d’autres groupes de communication. En outre, CIAM dénonce une communication jugée inexacte de la part de Vivendi sur cette opération.

L’objectif de CIAM en saisissant l’AMF est que cette autorité demande au Groupe Bolloré de soumettre une offre publique pour les actions de Vivendi. CIAM s’est fait connaître pour son activisme, notamment lors du dossier Suez-Veolia, et espère rallier d’autres actionnaires minoritaires à sa cause.

Malgré ces contestations, Vivendi semble confiant. La direction a répondu aux préoccupations de CIAM, affirmant que le projet de scission ne pourra avancer qu’avec l’accord des actionnaires. Yannick Bolloré, président du conseil de surveillance de Vivendi, a souligné que toutes les résolutions seront soumises au vote lors de l’assemblée générale.

Avec 29,9 % du capital, Vincent Bolloré, bien que proche du seuil de 30 %, n’est pas contraint de lancer une offre obligatoire sur Vivendi. Les résolutions relatives à la scission nécessiteront le soutien d’une majorité qualifiée pour être adoptées, tandis que celle concernant Havas requiert une majorité simple.

La dynamique autour de cette scission reste donc tendue, avec des implications significatives pour l’avenir de Vivendi et de ses actionnaires.

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