Dans le Golfe, soixante navires liés à la France immobilisés
Dans le Golfe, soixante navires liés à la France immobilisés

En pleine escalade militaire au Moyen-Orient, une soixantaine de navires battant pavillon français ou appartenant à des entreprises tricolores sont actuellement bloqués à l’intérieur du Golfe arabo-persique. L’information, confirmée par Armateurs de France, intervient alors que le détroit d’Ormuz a été fermé par les Gardiens de la révolution iraniens en représailles aux frappes américaines.

Selon Laurent Martens, délégué général d’Armateurs de France, ces bâtiments ont franchi le détroit avant sa fermeture et ont reçu pour instruction de la Marine nationale de « se mettre à l’abri ». Les équipages restent à bord, soit dans les ports, soit dans des zones jugées sécurisées. « Les marins sont normalement à l’abri », assure-t-il, précisant que des espaces protégés existent sur les navires en cas d’alerte.

Le mot d’ordre est clair : ne pas tenter de sortir de la zone. Édouard Louis-Dreyfus, président d’Armateurs de France, a indiqué que les navires concernés ont reçu la consigne de « ne pas bouger », tandis que les autres bâtiments doivent éviter la région. Malgré les tensions, les responsables du secteur estiment que les navires français ne constituent « pas des cibles prioritaires ».

Parallèlement, plusieurs grands armateurs internationaux, dont CMA CGM, Maersk, Hapag-Lloyd et MSC, ont suspendu leurs traversées dans le Golfe. Le passage par le canal de Suez est également interrompu pour certains opérateurs, avec un déroutement par le cap de Bonne-Espérance, allongeant considérablement les trajets.

Au-delà de l’enjeu sécuritaire, les conséquences économiques inquiètent. La fermeture du détroit d’Ormuz, par où transite environ 20 % du pétrole mondial, pourrait entraîner une hausse significative des cours du brut. Selon Armateurs de France, l’impact sur les prix à la pompe en Europe pourrait se faire sentir dans les prochaines semaines.

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