La nouvelle comédie de Jérôme Commandeur, sortie ce mercredi en salles, met en scène une bande d’amis de lycée qui se retrouvent à l’aube de la cinquantaine. Entre éclats de rire et vieilles rancunes, le film mêle nostalgie douce et règlement de comptes acerbes.
L’adolescence en héritage, la cinquantaine en crise
Avec T’as pas changé, Jérôme Commandeur signe son troisième long-métrage en tant que réalisateur. Le point de départ : une réunion d’anciens élèves organisée par trois anciens copains de terminale, bien décidés à faire revivre le temps de leur jeunesse. Mais ce qui devait être un moment festif vire vite au malaise. Certains invités n’ont pas oublié ce qu’ils ont subi au lycée et le règlement de comptes commence.
Le film navigue entre comédie de situation et introspection. Il évoque à la fois l’angoisse du temps qui passe, les blessures adolescentes jamais refermées, et les illusions perdues à l’approche de la cinquantaine. Dans une interview accordée à France Bleu Orléans, Jérôme Commandeur a expliqué que ce projet était « un film qui raisonnait avec [sa] propre vie », ce qui éclaire le ton personnel et mélancolique de certaines scènes.
Côté casting, on retrouve Commandeur lui-même aux côtés de François Damiens, Laurent Lafitte — irrésistible en ex-star d’un seul tube — et Vanessa Paradis. Un quatuor solide qui alterne moqueries, maladresses et moments suspendus avec naturel. Selon Télérama, malgré la sympathie que suscite le film, on regrette parfois une écriture « que l’on voudrait plus élaborée », laissant entrevoir une profondeur qui ne demande qu’à s’exprimer davantage.
Une comédie touchante aux allures de bilan
Présenté en avant-première le 9 octobre dernier à Orléans, devant une salle comble de 400 spectateurs, le film a bénéficié d’un bon accueil du public. Comme souvent dans les comédies générationnelles, les thématiques abordées regrets, échecs, rêves non réalisés résonnent fort avec une tranche d’âge peu représentée dans le cinéma français populaire.
Si certaines critiques pointent un ton parfois inégal, Le Parisien salue un film « souvent hilarant, parfois sombre », porté par un regard lucide sur la façon dont les souvenirs façonnent notre identité. L’écriture oscille entre légèreté et gravité, sans verser dans le cynisme, avec une vraie tendresse pour des personnages qui, malgré leurs travers, ne cessent de chercher une forme de réparation.