Steinmeier devant Guernica : « Ne pas oublier le crime commis par des Allemands »
Steinmeier devant Guernica : « Ne pas oublier le crime commis par des Allemands »

En déplacement en Espagne, le président allemand Frank-Walter Steinmeier a appelé ses concitoyens à affronter honnêtement le passé nazi de leur pays. Au premier jour de sa visite d’État, mercredi 26 novembre, il s’est recueilli devant Guernica, l’immense toile de Pablo Picasso exposée au musée Reina Sofía de Madrid. Selon l’AFP, citée par franceinfo et Le Figaro, ce moment symbolique a précédé un discours où il a exhorté les Allemands à ne pas effacer de leur mémoire la destruction de la ville basque, anéantie le 26 avril 1937 par la Légion Condor allemande et l’aviation fasciste italienne.

Un appel à la responsabilité historique

Lors d’un dîner officiel en présence du roi Felipe VI, le président fédéral a souligné l’importance de reconnaître les fautes commises par le passé. D’après les propos rapportés par l’AFP dans franceinfo et Le Figaro, Frank-Walter Steinmeier a insisté sur le fait que « ce crime a été commis par des Allemands » et que Guernica devait continuer de rappeler « la nécessité de défendre la paix, la liberté et les droits humains ».

Le chef de l’État avait, quelques heures plus tôt, contemplé Guernica en compagnie de son épouse et d’une délégation, une visite que le journaliste de l’AFP présent sur place avait décrite comme solennelle. Cette œuvre, devenue un symbole universel du martyre des civils, avait également été montrée la semaine précédente au président ukrainien Volodymyr Zelensky, venu avec le Premier ministre Pedro Sánchez — un parallèle que celui-ci avait déjà tracé entre le sort de la ville basque et celui de son pays envahi par la Russie.

Vendredi 28 novembre, Frank-Walter Steinmeier deviendra, selon l’AFP, le premier président allemand de l’histoire à se rendre physiquement à Guernica. Sa visite, effectuée avec le roi d’Espagne, rendra hommage aux victimes de l’attaque qui fit plusieurs centaines de morts, un acte reconnu en 1997 par le président Roman Herzog comme une « implication coupable » de l’Allemagne.

Une visite sous le signe de l’actualité politique

Le voyage du président allemand intervient quelques jours après le 50ᵉ anniversaire de la mort de Franco, rappelant l’héritage encore sensible de la dictature espagnole. Au Parlement à Madrid, il a, selon l’AFP, dénoncé la montée « des mouvements extrémistes et populistes » qui menacent, des deux côtés des Pyrénées, les fondements mêmes des démocraties libérales.

Jeudi, Frank-Walter Steinmeier doit rencontrer le Premier ministre Pedro Sánchez et participer à un forum économique germano-espagnol. Il remettra également une distinction officielle au footballeur Toni Kroos lors d’une cérémonie prévue au stade Santiago Bernabéu, a précisé l’AFP.

Par ce déplacement chargé de symboles, le chef de l’État allemand entend réaffirmer la vigilance démocratique et la lucidité historique, dans un contexte où les tensions géopolitiques et les résonances du passé trouvent, à Guernica comme ailleurs, une actualité particulière.

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