Endommagée lors du spectaculaire cambriolage au musée du Louvre le 19 octobre dernier, la couronne de l’impératrice Eugénie pourra finalement être restaurée. C’est ce qu’a confirmé la présidente du musée, Laurence des Cars, devant la commission de la culture du Sénat, évoquant une opération complexe mais réalisable pour sauver cette pièce historique du patrimoine impérial.
Une pièce sauvée de justesse après le casse
Dans leur fuite, les cambrioleurs ont laissé derrière eux la couronne de l’impératrice Eugénie, pièce maîtresse du joyau de l’orfèvre Alexandre-Gabriel Lemonnier, réalisée au Second Empire. Retrouvée non loin du musée, elle avait été extraite de sa vitrine de haute sécurité à l’aide de disqueuses, les malfaiteurs ayant percé de petites ouvertures sans briser totalement le verre.
Selon les premiers examens menés par le département des objets d’art du Louvre, la structure a été « assez endommagée, pas par la chute mais par l’extraction de la vitrine », a précisé Laurence des Cars. Si les pierres principales 1 354 diamants et 56 émeraudes ont été épargnées, certaines petites pièces manquent, notamment un aigle d’or parmi les huit qui surmontaient les arceaux de la couronne.
La directrice du Louvre, interviewée sur franceinfo le 7 novembre, s’est voulue rassurante : « Ce sera un très beau symbole de la renaissance du Louvre ». Elle a précisé qu’un comité scientifique supervisera la restauration, déjà soutenue par plusieurs mécènes, ce qui permettra à la couronne d’être de nouveau exposée.
Des failles de sécurité sous le feu des critiques
Cet épisode relance la question de la sécurité au sein du plus grand musée du monde. Les malfaiteurs ont réussi leur braquage en moins de dix minutes, grâce à un monte-charge désactivé, une fenêtre brisée et des vitrines forcées à l’aide d’outils lourds. Huit joyaux ont été emportés, parmi lesquels le diadème d’Eugénie et des pièces de la parure de saphirs de Marie-Amélie, toujours portés disparus.
Si Laurence des Cars a salué les vitrines de sécurité installées en 2019 comme une avancée, elle reconnaît qu’elles n’étaient pas conçues pour résister à des attaques à la disqueuse. Le casse a en tout cas braqué les projecteurs sur les vulnérabilités du musée, renforcées par le récent rapport de la Cour des comptes publié début novembre.
Dans ce document, la Cour dénonce une politique ayant trop souvent favorisé les projets « visibles et attractifs » au détriment de la sécurité. Un constat jugé « sévère » par la présidente du Louvre, qui affirme avoir dès 2021 pris « toute la mesure » de ces problématiques. L’affaire accélère aujourd’hui un vaste plan de sécurisation du musée, alors que le gouvernement a demandé des mesures concrètes « d’ici la semaine prochaine ».