« Corps à cœur » retiré d’Amazon après des accusations de pédocriminalité romantisée
« Corps à cœur » retiré d’Amazon après des accusations de pédocriminalité romantisée

Un roman d’autoédition estampillé dark romance s’est retrouvé au centre d’une vive controverse en quelques jours. Corps à cœur, signé Jessie Auryann, est accusé par des lecteurs et créateurs de contenus littéraires de mettre en scène des violences sexuelles sur mineurs en les sexualisant, ce qui a déclenché une vague d’indignation, des signalements et une mobilisation en ligne. La polémique a fini par dépasser les cercles habituels de TikTok et d’Instagram, jusqu’à provoquer un retrait du livre de la plateforme Amazon, annoncé après examen.

Une alerte partie des réseaux, une pétition qui s’emballe

Le débat s’est enflammé lorsque des extraits du texte ont circulé sur les réseaux sociaux, provoquant des réactions massives de dégoût et d’alarme. Une pétition réclamant la suppression du livre des plateformes de vente a rapidement franchi le cap des 50 000 signatures en un temps très court, d’après Libération. La même pétition dénonce une confusion entre “transgression” et normalisation de l’illégal, toujours selon Libération.

Sur le plan commercial, l’ouvrage avait gagné en visibilité sur Amazon, ce qui a renforcé la colère de nombreux internautes. Libération indique que le titre s’était hissé en tête de la catégorie “Romance” et figurait aussi parmi les meilleures ventes tous genres confondus au moment où la polémique explosait. Dans la soirée, Amazon a finalement annoncé retirer le livre de son site après une procédure d’examen, d’après Libération.

Signalements, riposte de l’autrice et débat juridique relancé

Au-delà de l’indignation, l’affaire a pris une dimension politique et judiciaire. Libération rapporte que le député LFI Antoine Léaument a indiqué avoir saisi PHAROS et le procureur de la République au titre de l’article 227-24 du Code pénal, et que la Haute-commissaire à l’enfance Sarah El Haïry a, elle aussi, réagi en jugeant qu’on ne peut pas tout justifier au nom de la dark romance.

De son côté, Jessie Auryann conteste les accusations et affirme être ciblée par une campagne visant sa personne, tout en rappelant que son roman comporte des avertissements de lecture, selon Libération. La polémique ravive en parallèle une question déjà sensible : jusqu’où une fiction peut-elle aller avant de tomber sous le coup des lois encadrant la diffusion de contenus pédopornographiques, et comment la justice tranche-t-elle lorsqu’il est question d’œuvres présentées comme “artistiques”. Libération fait d’ailleurs le lien avec le précédent autour de Bastien Vivès, dont une procédure s’était enlisée avant d’être abandonnée après une décision d’incompétence du tribunal et l’absence d’appel du parquet.

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