Le 3 février 1488, Bartolomeu Dias fait escale avec ses caravelles sur la côte sud-africaine, désormais tournée vers l’océan Indien : la preuve est acquise qu’on peut contourner l’Afrique par le sud et atteindre, par mer, la route des épices. Pour le petit royaume du Portugal, c’est une promesse de puissance et de fortune ; pour l’Europe, c’est une étape décisive vers l’expansion planétaire des siècles suivants.
Un pari portugais de longue haleine
L’exploit n’est pas un coup de chance isolé : il couronne des décennies d’exploration méthodique, encouragée par l’infant Henri le Navigateur, puis poursuivie sous le règne du roi Jean II. Le but est clair : briser les intermédiaires et trouver une voie maritime directe vers l’Asie, où poivre, cannelle et autres denrées rares valent de l’or. En août 1487, Dias quitte Lisbonne, longe prudemment le golfe de Guinée, dépasse les derniers comptoirs, puis s’aventure vers les mers du sud.
De la tourmente à l’océan Indien
Une tempête gigantesque emporte les navires pendant près de deux semaines. Quand le ciel se calme, Dias met cap à l’est… et ne voit plus la côte : il l’a dépassée. En remontant vers le nord, il retrouve la terre et comprend qu’il vient, sans l’avoir voulu, de franchir l’extrémité du continent africain. Son escale du 3 février 1488, près de l’actuelle Mossel Bay, scelle la découverte : l’Atlantique est derrière lui, l’Indien s’ouvre devant lui.
Un cap, un nom, une bascule
Dias baptise d’abord la pointe redoutée « cap des Tempêtes ». Mais à Lisbonne, Jean II préfère y lire une promesse et la rebaptise cap de Bonne-Espérance : le “bon espoir” d’atteindre bientôt les Indes. Dix ans plus tard, Vasco de Gama concrétisera cette route. À partir de là, la mer devient un raccourci stratégique : le commerce, les empires… et les rivalités européennes entrent dans une nouvelle ère.