La Norvège s’impose comme la grande gagnante de la 8e édition de Canneseries grâce à la série « A Better Man », récompensée à trois reprises pour son audace narrative et sa performance centrale. Le festival international dédié aux séries a dévoilé son palmarès mardi soir au Palais des festivals de Cannes, couronnant une fiction qui interroge les dérives contemporaines de la virilité.
Un thriller psychologique qui bouscule les codes
Avec « A Better Man », le scénariste et réalisateur norvégien propose une immersion saisissante dans l’esprit d’un homme rongé par le ressentiment. Le héros, Tom, figure emblématique d’un masculinisme ordinaire, s’attaque chaque nuit aux femmes via des forums anonymes. Mais tout bascule lorsque son identité est dévoilée par des hackers : contraint de fuir, Tom choisit de se dissimuler en femme. Ce renversement brutal sert de point de départ à une réflexion dérangeante sur la performance de genre et les rapports de pouvoir. L’interprétation magistrale d’Anders Baasmo a été saluée par le jury, qui lui a remis le prix d’interprétation, en plus du prix des lycéens, preuve de l’impact de la série auprès des plus jeunes.
La Norvège confirme ainsi sa vitalité dans le domaine des fictions sérielles. La comédie dramatique « Nepobaby », qui explore les tensions au sein d’une famille privilégiée, a également été récompensée pour son scénario et son casting, recevant un prix spécial d’interprétation. Côté documentaire, « The Agent – The Life and Lies of my Father », une enquête intime sur un père se prétendant espion, a également séduit le jury.
Diversité thématique et ouverture sur l’Europe
Le palmarès de cette édition reflète une large diversité de formes et de récits. Du côté des formats courts, c’est la série belge « Oh, Otto! » qui a été distinguée. Cette chronique douce-amère s’intéresse à la vie queer à Bruxelles à travers le regard d’un jeune homme non binaire. Une production saluée pour sa justesse et sa fraîcheur, alors que le jury des séries courtes était présidé par la scénariste néerlandaise Marnie Blok.
Durant six jours, la Croisette s’est parée de son tapis rose pour accueillir projections et débats, en attendant le retour imminent du Festival de Cannes consacré au cinéma. En guise de clôture, le public a pu découvrir en avant-première les premières images de l’adaptation en série du « Comte de Monte-Cristo », coproduction entre France Télévisions et la Rai. Une transition symbolique entre deux univers artistiques de plus en plus poreux.