Virginie Efira incarne la colère sociale dans Les Braises, drame sur les Gilets jaunes
Virginie Efira incarne la colère sociale dans Les Braises, drame sur les Gilets jaunes

Après deux années d’absence sur grand écran, Virginie Efira signe un retour puissant dans Les Braises, le nouveau long-métrage de Thomas Kruithof. Inspiré par le mouvement des Gilets jaunes, le film explore la manière dont l’engagement politique d’une citoyenne ordinaire bouleverse une vie de famille jusque-là soudée. Portée par un duo remarquable avec Arieh Worthalter, cette fresque sociale conjugue intime et collectif sans céder au pathos.

Une colère personnelle embrasée par une révolte collective

Dans un coin de France rurale, Karine travaille à la chaîne dans une usine agroalimentaire. Jimmy, son mari, est chauffeur routier à la tête d’une petite entreprise en difficulté. Leur quotidien, marqué par les efforts pour joindre les deux bouts, bascule lorsque Karine rejoint spontanément le mouvement des Gilets jaunes. Sur les ronds-points, elle découvre l’élan collectif, la solidarité, mais aussi la violence des confrontations avec les forces de l’ordre. Pendant ce temps, Jimmy lutte pour maintenir son activité à flot, allant jusqu’à enfreindre la loi, alors que ses clients se désengagent.

Le fossé entre les deux s’élargit. La politique, entrée brutalement dans leur existence, n’a rien d’abstrait : elle s’infiltre dans l’intimité, fissure les certitudes, et fait vaciller le couple. Selon les propos du réalisateur, recueillis par 20 Minutes, « l’irruption soudaine de la politique dans la vie personnelle et familiale est d’une grande violence ». Cette tension permanente alimente le récit, sans jamais sombrer dans la caricature.

Un film engagé, entre justesse sociale et regard humain

Thomas Kruithof, déjà remarqué pour Les Promesses et La Mécanique de l’ombre, s’est appuyé sur des témoignages recueillis auprès d’anciens manifestants en Bretagne, à Limoges ou encore en Haute-Loire. Loin des clichés médiatiques, Les Braises privilégie l’authenticité : entraide, fatigue, désillusions et espoirs composent la trame d’un engagement sans filtre.

Si le film évoque parfois La Fracture de Catherine Corsini, il se distingue par sa volonté de raconter la mobilisation « par ceux qui n’étaient pas préparés à militer », comme l’explique le cinéaste. Tourné en format large, il offre une mise en scène sobre qui magnifie la silhouette d’une femme en lutte, et donne une dimension presque épique à ce récit ancré dans le réel. Virginie Efira y campe une figure digne, combative, ni héroïsée ni victimisée.

Sorti le 5 novembre, presque sept ans jour pour jour après le début du mouvement, Les Braises est un film d’époque qui interroge ce qu’il reste des revendications collectives à l’heure du repli. Sans apporter de réponse toute faite, il met en lumière la fragilité des équilibres privés face aux bouleversements sociaux, et rend hommage à ceux qui, un jour, ont décidé de ne plus courber l’échine.

Que retenir rapidement ?

Après deux années d’absence sur grand écran, Virginie Efira signe un retour puissant dans Les Braises, le nouveau long-métrage de Thomas Kruithof. Inspiré

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