Chanel Métier d’art 2026 - quand le métro new-yorkais devient podium de luxe
Chanel Métier d’art 2026 - quand le métro new-yorkais devient podium de luxe

Pour son tout premier défilé Métiers d’art chez Chanel, Matthieu Blazy a transporté la mode dans les entrailles de New York. Le 2 décembre, le métro new-yorkais s’est transformé en théâtre urbain où se sont entrecroisées inspirations cinématographiques, culture populaire et artisanat d’exception. Une immersion dans l’imaginaire d’une ville-monde qui a toujours fasciné la maison Chanel.

Quand le rêve urbain croise le savoir-faire artisanal

Avec ce défilé organisé dans une station de métro recréée pour l’occasion, Chanel s’inscrit dans une scénographie qui mêle quotidien et fantastique. La rame devient un espace d’expression où se croisent femmes pressées, figures mythiques new-yorkaises et personnages de cinéma. Ce décor, entre pop culture et art déco, est aussi un hommage aux voyages de Gabrielle Chanel à New York dans les années 1930, où elle constatait déjà que son style avait traversé l’Atlantique et inspirait les femmes américaines.

Matthieu Blazy, pour mettre en scène cette vision urbaine, a collaboré avec le cinéaste Michel Gondry pour un court-métrage romantique diffusé en amont du défilé, et qui en pose les bases poétiques. À l’image du métro “qui appartient à tout le monde”, selon le directeur artistique la collection rend hommage à une ville où chaque individu devient, selon ses mots, “le héros de sa propre histoire”.

Une collection où le fantasme rencontre la technique

Dans ce voyage stylisé entre les couloirs de Bowery station et la skyline renversée de Manhattan, les savoir-faire des ateliers du 19M prennent une place centrale. Les broderies de Lesage, les plumes de Lemarié, les chaussures Massaro ou encore les bijoux de Goossens sont mobilisés dans une débauche de détails minutieux. Des tweeds tissés à la main représentant des animaux urbains, des sacs transformés en objets-souvenirs (cacahuètes ou pommes émaillées), des franges dont chaque pétale a nécessité plusieurs jours de travail… Autant de prouesses qui témoignent du lien entre artisanat d’art et modernité.

Les silhouettes alternent entre inspirations des années 1920 et touches contemporaines : une robe art déco revisitée est associée à un pantalon chino, une combinaison à pois scintillants fait écho aux années 1930, tandis que les doublures peintes à la main évoquent une Coco Chanel promenant son chien dans les rues de New York. Les accessoires ne sont pas en reste : des slingbacks en shearling imprimé animal, des sacs classiques sertis d’écailles dorées ou des colibris art déco en verre et métal subliment chaque passage.

En revisitant les archives tout en ancrant la collection dans l’imaginaire de la métropole américaine, Matthieu Blazy signe une ode à la liberté, au style et à la fantaisie. Chanel continue ainsi de célébrer les Métiers d’art non seulement comme des garants de tradition, mais aussi comme des outils d’invention. Une manière pour la maison de rappeler que, même dans le tumulte d’un métro bondé, le luxe peut surgir là où on ne l’attend pas.

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