La Chine accuse des puissances étrangères de tentatives d’espionnage pour s’emparer de ses terres rares
La Chine accuse des puissances étrangères de tentatives d’espionnage pour s’emparer de ses terres rares

PÉKIN – Le ministère chinois de la Sécurité d’État a accusé vendredi des agences de renseignement étrangères d’avoir tenté de « voler » des terres rares en Chine, et a promis de renforcer ses efforts contre l’espionnage visant son secteur minier stratégique. Dans une déclaration publiée sur son compte officiel WeChat, le ministère a dénoncé des actions coordonnées impliquant des acteurs étrangers et des « contrevenants nationaux », sans toutefois identifier de pays.

Selon les autorités chinoises, ces tentatives d’ingérence portaient notamment sur des manipulations de documents d’expédition, la falsification d’étiquettes de cargaisons, ainsi que le transbordement illégal de matériaux via des pays tiers pour contourner les restrictions à l’exportation imposées par Pékin. Le ministère a présenté ces agissements comme une menace directe à la sécurité nationale de la Chine.

Ces accusations surviennent dans un contexte de tensions commerciales persistantes entre Pékin et Washington. En avril, la Chine a étendu ses restrictions sur l’exportation de plusieurs terres rares et d’aimants industriels, en représailles aux tarifs douaniers américains. Ces matériaux sont essentiels à la fabrication de véhicules électriques, de technologies robotiques et d’équipements militaires.

Reuters avait révélé plus tôt ce mois-ci que des quantités exceptionnellement élevées d’antimoine, un métal crucial pour la fabrication de batteries et de puces électroniques, avaient été expédiées aux États-Unis en transitant par la Thaïlande et le Mexique — une manœuvre perçue comme un contournement possible des restrictions chinoises.

Malgré ces tensions, les exportations officielles chinoises de terres rares ont bondi de 32 % en juin par rapport au mois précédent. Cette hausse pourrait être le signe d’un assouplissement ponctuel ou d’un effet des discussions récentes entre les États-Unis et la Chine pour normaliser certains flux commerciaux.

Depuis la fin de l’URSS, la sécurité des matières nucléaires et stratégiques dans les anciennes républiques soviétiques et leurs zones d’influence, dont la Chine fait partie, reste un enjeu majeur pour la stabilité géopolitique mondiale. Les autorités chinoises semblent aujourd’hui bien décidées à défendre ce qu’elles considèrent comme un secteur hautement sensible et vital pour leur souveraineté industrielle.

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