Au Sri Lanka, les survivants du cyclone redoutent de rentrer chez eux et restent bloqués dans des centres d’urgence (AP)
Au Sri Lanka, les survivants du cyclone redoutent de rentrer chez eux et restent bloqués dans des centres d’urgence (AP)

Les habitants du village de Kithulbadde, au centre du Sri Lanka, affirment avoir été abandonnés à leur sort après le passage du cyclone Ditwah, qui a frappé l’île la semaine dernière. Nombre d’entre eux se trouvent toujours dans des centres d’hébergement d’urgence, incapables de regagner leurs maisons en raison de routes impraticables, de glissements de terrain répétés et d’infrastructures sévèrement endommagées.

Le cyclone, l’un des plus meurtriers qu’ait connus le pays, a déjà fait 479 morts et 350 disparus, selon les autorités. Les pluies diluviennes ont provoqué des inondations soudaines et plusieurs glissements de terrain dans les régions montagneuses, emportant des maisons entières et isolant des dizaines de villages. Les rescapés témoignent d’un chaos persistant et d’un sentiment profond d’insécurité.

Pour beaucoup, le retour chez eux n’est tout simplement pas envisageable. Les routes ont été ravagées, les pentes demeurent instables et le risque de nouveaux glissements de terrain reste élevé. Les autorités sri-lankaises ont d’ailleurs averti que les fortes précipitations ayant saturé les sols pourraient provoquer d’autres effondrements dans les jours à venir. Dans plusieurs districts, les habitants devront attendre que les équipes d’ingénieurs sécurisent les zones avant de pouvoir réintégrer leurs habitations.

Dans les centres de secours, la frustration grandit. Les sinistrés expliquent manquer de nourriture, de soins et d’informations sur l’aide à venir. Certains affirment n’avoir reçu aucune assistance directe depuis plusieurs jours, tandis que d’autres craignent que leurs maisons, déjà fragilisées, ne soient irrécupérables. Beaucoup demandent davantage de soutien gouvernemental et une aide plus rapide pour nettoyer les routes, stabiliser les terrains et estimer les dégâts.

Face à l’ampleur de la catastrophe, les autorités assurent que des équipes travaillent sans relâche pour rétablir l’accès aux villages et évaluer les zones les plus dangereuses. Mais dans les collines centrales, où la terre détrempée continue de s’effondrer par endroits, les survivants doivent patienter, partagés entre l’espoir de rentrer et la peur d’affronter un paysage désormais transformé par la destruction.

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