L’entreprise minière Twangiza Mining SA a accusé les rebelles du M23, actifs dans l’est de la République démocratique du Congo et soupçonnés d’être soutenus par le Rwanda, de contraindre son personnel à travailler sans rémunération, dans des conditions qualifiées d’inhumaines. Dans un communiqué publié vendredi, la société affirme que ses employés sont actuellement « retenus en captivité » et « forcés de travailler sans aucune mesure de sécurité, rémunération ou couverture médicale ».
Le site concerné est situé dans la province du Sud-Kivu, une région stratégique riche en ressources naturelles mais marquée par des décennies de conflits armés. Le Mouvement du 23 mars (M23), groupe rebelle majoritairement tutsi, a mené depuis le début de l’année une offensive d’ampleur, lui permettant de s’emparer de larges portions de territoire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où se trouve la mine de Twangiza.
Selon l’entreprise, qui se présente comme une société chinoise dont le siège est basé en République démocratique du Congo, ses activités ont été suspendues en mai sur ordre du M23, qui l’accusait alors de ne pas s’être acquittée de ses obligations fiscales. Depuis, la société affirme que ses travailleurs ont été contraints de rester sur le site et de poursuivre l’extraction d’or sous le contrôle direct des rebelles.
Ces allégations n’ont pas encore pu être vérifiées de manière indépendante, précise l’agence Reuters. Aucun commentaire n’a été émis pour l’heure par le M23 concernant ces accusations. De son côté, le gouvernement congolais n’a pas encore officiellement réagi à cette déclaration, bien que Kinshasa dénonce régulièrement les exactions du groupe rebelle dans l’est du pays.
Cette situation met une nouvelle fois en lumière l’implication des groupes armés dans l’exploitation illégale des ressources naturelles en RDC, une pratique largement documentée par les ONG et les Nations Unies. Le contrôle des mines d’or, de coltan ou de cassitérite représente une source majeure de financement pour les groupes rebelles, au détriment des droits humains et de la stabilité régionale.
La reprise de l’activité rebelle du M23 a provoqué le déplacement de centaines de milliers de civils et aggravé une crise humanitaire déjà sévère dans l’est du Congo. Les violences et l’occupation de zones riches en minerais nourrissent un cycle de conflits qui perdure depuis plus de deux décennies. L’accusation portée par Twangiza Mining ne fait que renforcer les appels à une action internationale coordonnée pour assainir le secteur minier et protéger les populations locales.