La décision de l’administration Trump de suspendre la quasi-totalité de l’aide étrangère américaine a laissé en plan des dizaines de projets d’eau et d’assainissement dans le monde, exposant des millions de personnes à des risques accrus de maladies et d’insécurité hydrique. Dans plusieurs régions d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, des puits, des canaux d’irrigation, des stations de traitement et d’autres infrastructures vitales sont désormais à l’abandon, parfois à quelques semaines de leur achèvement.
À Taveta, dans le sud du Kenya, les habitants se disent désemparés face à l’arrêt brutal d’un projet de canal d’irrigation censé garantir l’accès à l’eau pour les cultures et les ménages. « Ils nous avaient promis une eau propre et régulière. Maintenant, il ne reste que des tranchées vides et des tuyaux inutilisés », déplore Mary Njeri, une agricultrice de la région. Comme elle, des milliers de personnes voient leur quotidien bouleversé par l’interruption soudaine de programmes autrefois soutenus par Washington.
Ces projets faisaient partie d’initiatives de développement à long terme, largement soutenues par le Congrès américain, y compris par des élus républicains. Leur objectif : réduire la pauvreté, prévenir les maladies liées à l’eau insalubre et favoriser la stabilité dans des zones vulnérables. Selon les experts, cette aide n’était pas simplement humanitaire, mais servait aussi les intérêts stratégiques des États-Unis en renforçant leur influence à l’étranger.
Pourtant, la nouvelle administration Trump, dans un revirement politique affirmé, a ordonné une réduction drastique de l’aide étrangère dans le but de réorienter les ressources vers les priorités domestiques. Cette décision, selon Reuters, a eu des conséquences immédiates sur le terrain, freinant ou paralysant plus de 80 projets liés à l’eau dans une vingtaine de pays.
Les conséquences sanitaires sont déjà palpables. L’interruption de ces programmes prive plusieurs millions de personnes d’un accès fiable à l’eau potable et à des installations sanitaires essentielles, augmentant les risques d’épidémies de choléra, de dysenterie et d’autres maladies hydriques. Les organisations humanitaires alertent sur une crise évitable, aggravée par l’imprévisibilité de l’engagement américain.
Alors que les États-Unis étaient jusqu’à récemment l’un des principaux bailleurs de fonds mondiaux pour l’eau et l’assainissement, cette volte-face marque une rupture majeure. Pour les bénéficiaires des projets abandonnés, il ne reste souvent que l’attente d’un éventuel repreneur international — ou la résignation face à un besoin aussi fondamental qu’insatisfait.