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Audiovisuel public : Patrick Sébastien et Jacques Cardoze détruisent France Télévisions

Ce mardi, la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public a auditionné Michel Drucker, Patrick Sébastien et Jacques Cardoze. Au cours de cette séance, Patrick Sébastien a de nouveau mis en cause Delphine Ernotte sur les conditions de son départ de France Télévisions, tandis que Jacques Cardoze a relancé ses accusations sur Complément d’enquête et sur le fonctionnement interne du groupe.

Patrick Sébastien remet en cause les conditions de son éviction

Devant les députés, Patrick Sébastien a affirmé que ses relations avec France Télévisions s’étaient dégradées à l’arrivée de Delphine Ernotte. Il a déclaré qu’avant cette période, selon lui, tout était fait pour que ses émissions fonctionnent, puis qu’avec la nouvelle direction, on avait « tout fait pour qu’elles ne marchent pas ». Il a également affirmé que Delphine Ernotte voulait « clairement » le « dégager »

La phrase sur les “hommes blancs de plus de 50 ans” ne passe toujours pas

Patrick Sébastien a aussi remis au cœur de son audition la phrase prononcée par Delphine Ernotte en 2015 sur les « hommes blancs de plus de 50 ans ». Dans la foulée, il a ajouté qu’il n’avait pas vu, depuis, beaucoup de « gens de couleur » à la tête d’un prime time ou d’un journal, en précisant que cela lui ferait plaisir parce qu’il se dit favorable à la diversité. 

Au cours de la même audition, Patrick Sébastien a déclaré avoir été écarté sans échange direct avec la direction, en expliquant qu’aucun message ne lui avait été adressé personnellement et que son épouse avait été informée à sa place. Il a également accusé Delphine Ernotte de s’être « payé [son] procès avec l’argent public » à travers le récent numéro de Complément d’enquête qui lui était consacré. 

Jacques Cardoze dénonce une enquête à charge contre Jordan Bardella

Jacques Cardoze a, de son côté, relancé ses accusations sur les conditions de préparation du Complément d’enquête consacré à Jordan Bardella. Dès janvier 2024, il avait affirmé qu’au sein de l’émission, Jordan Bardella avait été « ciblé » et qu’Hugo Plagnard, rédacteur en chef de l’émission, lui aurait dit, au sujet de ce reportage : « on ne peut pas le rater, c’est le plus important pour nous ».

Charles Alloncle enfonce le clou

Après l’audition, Charles Alloncle a qualifié l’affaire de « scandaleux » sur X. Il a écrit que Jacques Cardoze avait affirmé sous serment qu’une consigne avait été donnée par la direction de France Télévisions au rédacteur en chef Hugo Plagnard pour réaliser une enquête à charge contre Jordan Bardella, diffusée selon lui cinq mois avant les élections européennes de 2024. Dans le même message, Charles Alloncle a repris la formule « il ne fallait pas la rater » et a parlé d’« accusations d’une gravité exceptionnelle ». 

Jacques Cardoze évoque des «grosses casseroles» et des «déviances sexuelles»

Autre point avancé par Jacques Cardoze : il a déclaré que France Télévisions aurait utilisé des « protocoles d’accord » lors du départ de certains salariés. Il affirme que ces accords auraient concerné des employés partant avec de « grosses casseroles », évoquant notamment des faits qu’il a qualifiés de « déviances sexuelles »

Delphine Ernotte doit encore être entendue

La présidente de France Télévisions, déjà auditionnée une première fois, doit clore cette séquence d’auditions le 8 avril 2026 devant la même commission. Ses réponses à ces accusations très graves sont d’ores et déjà très attendues…

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