Le pape Léon XIV veut une Église engagée pour la justice sociale dans une ère de révolution numérique
Le pape Léon XIV veut une Église engagée pour la justice sociale dans une ère de révolution numérique

CITÉ DU VATICAN – Moins de 24 heures après son élection au pontificat, le pape Léon XIV a commencé à dévoiler, par touches mesurées, les orientations qui pourraient définir son mandat. Issu de l’ordre des augustiniens et premier pontife américain, Robert Prevost, 69 ans, semble prêt à inscrire son action dans les pas de Léon XIII, défenseur infatigable de la justice sociale au tournant du XIXe siècle.

Des cardinaux ayant participé au conclave ont partagé vendredi leurs premières impressions. Le cardinal allemand Reinhard Marx a salué un homme « cultivé, multilingue et profondément enraciné dans deux cultures », celles des États-Unis et du Pérou, pays dont il détient aussi la nationalité. Ses qualités de dialogue et sa vaste expérience missionnaire en Amérique latine auraient pesé dans la balance, selon Marx, qui a aussi souligné l’importance que Léon XIV accorde à la paix dans un monde fracturé.

Le nom qu’il s’est choisi ne doit rien au hasard. Léon XIII, son prédécesseur éponyme, est célèbre pour avoir jeté les bases de la doctrine sociale de l’Église moderne. Le cardinal serbe Ladislav Nemet, qui a dîné avec le nouveau pape jeudi soir, rapporte que ce dernier entend répondre aux défis sociaux contemporains, à commencer par la crise de l’emploi provoquée par l’automatisation et la révolution numérique. « Son nom est son programme », a résumé Nemet.

Léon XIV semble aussi vouloir se démarquer du style parfois impétueux de son prédécesseur François. Le père Joseph Farrell, un proche de longue date, l’a décrit comme un homme réfléchi, méthodique, soucieux de bien peser ses mots. « Il assimile le message avant de le transmettre », a-t-il souligné, suggérant une approche plus prudente de la communication pontificale.

Sur les questions géopolitiques, Léon XIV pourrait adopter une posture plus nuancée que celle qu’il affichait en tant que cardinal. Des publications passées montrent qu’il avait critiqué certaines politiques américaines, notamment sur l’immigration. Interrogé sur ses relations avec le président Donald Trump, Marx a affirmé que le nouveau pape « ne cherchera pas la provocation », tout en précisant qu’il « saura prendre position si nécessaire ».

L’inauguration solennelle de Léon XIV aura lieu le 18 mai sur la place Saint-Pierre, devant une foule de fidèles et de dignitaires venus du monde entier. En attendant, le nouveau pontife laisse en place l’administration actuelle du Vatican, le temps de prendre ses marques. Mais le message est clair : sous son règne, l’Église catholique pourrait bien renouer avec un engagement social fort, dans un monde bouleversé par les mutations technologiques.

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