Une statue en cire, un faux déguisement et un message politique. Deux militants de Greenpeace ont été mis en examen jeudi 5 juin pour « vol aggravé » après avoir subtilisé la statue d’Emmanuel Macron au musée Grévin, lundi. Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour « vol en réunion d’un bien culturel exposé ». Les militants s’étaient fait passer pour des techniciens afin de s’emparer de la sculpture, avant de la déposer devant l’ambassade de Russie à Paris. Une action symbolique pour dénoncer les liens entre la France et Moscou en pleine guerre en Ukraine. Le lendemain, la statue était restituée, devant le siège d’EDF, avec une pancarte : « Poutine-Macron, alliés radioactifs ».
Une justice accusée de vouloir dissuader la contestation
L’avocate des deux militants, Marie Dosé, dénonce une décision « disproportionnée ». « Il n’y a eu aucun préjudice, le musée Grévin ne s’est pas constitué partie civile. La justice devient un instrument pour dissuader les militants d’exercer leur liberté d’expression », plaide-t-elle. Elle critique aussi les conditions de garde à vue, qualifiées de « sordides ». L’action de Greenpeace, bien que spectaculaire, n’a provoqué ni dégradations ni violences. Mais elle met en lumière la délicate frontière entre activisme politique et infraction pénale, que la justice devra maintenant trancher.