Après les résultats alarmants publiés sur l’eau du robinet en France, une nouvelle étude de PAN Europe met en lumière l’ampleur de la contamination des aliments à base de céréales par les PFAS. Selon l’analyse rendue publique le 4 décembre, 81,8 % des 66 échantillons testés dans 16 pays européens contiennent du TFA, un acide trifluoroacétique issu notamment de la dégradation de pesticides et de gaz fluorés. Cet élément, considéré comme le plus petit des polluants éternels, est soupçonné d’être toxique pour la reproduction et d’altérer les fonctions thyroïdienne, hépatique ainsi que la réponse immunitaire. Les produits concernés incluent pain, pâtes, farines, céréales du petit-déjeuner et viennoiseries, consommés quotidiennement par des millions d’Européens.
Un niveau de contamination bien supérieur aux seuils de référence
L’étude menée par un laboratoire indépendant autrichien révèle une teneur moyenne de 78,9 µg/kg de TFA dans les aliments testés. Ce niveau dépasse largement la limite maximale de résidus par défaut fixée à 10 µg/kg, une valeur que tous les échantillons contaminés ont dépassée. Certaines céréales analysées en Irlande ont atteint des concentrations record de 360 000 µg/kg. Ces chiffres sont sans commune mesure avec ceux relevés par l’Anses dans l’eau du robinet, où les concentrations atteignaient un maximum de 25 000 ng/l. PAN Europe rappelle que le TFA est désormais sur le point d’être classé toxique, et estime que ces résultats soulignent un risque sanitaire sérieux et largement sous-estimé pour la population.
Appel urgent à une régulation européenne plus stricte
Face à ces dépassements massifs, PAN Europe demande l’interdiction immédiate des pesticides contenant des PFAS et la mise en place d’une dose journalière admissible prenant en compte les incertitudes actuelles, notamment pour les populations les plus vulnérables. L’ONG préconise également un accompagnement renforcé à destination des agriculteurs pour favoriser des pratiques de protection des cultures dépourvues de substances synthétiques. Pour le réseau environnemental, seule une action réglementaire rapide permettra de réduire l’exposition de la population à ces polluants qui s’accumulent durablement dans l’environnement et les organismes vivants.