Papeteries de Condat - la CGT renonce à son projet de reprise coopérative avant la décision du tribunal
Papeteries de Condat - la CGT renonce à son projet de reprise coopérative avant la décision du tribunal

Le projet de reprise porté par la CGT pour sauver les papeteries de Condat n’ira pas plus loin. À quelques jours de la décision du tribunal de commerce de Bordeaux, la coopérative envisagée par les salariés n’a pas pu déposer de dossier complet, faute de financement suffisant. L’usine du Lardin-Saint-Lazare, en Dordogne, placée en redressement judiciaire, emploie environ 200 salariés et reste suspendue au choix entre deux repreneurs.

L’association Condat Papers, créée pour structurer une société coopérative d’intérêt collectif, espérait réunir entre 15 et 20 millions d’euros afin de présenter une offre crédible. Malgré de nombreux contacts, les soutiens financiers nécessaires n’ont pas été trouvés. Selon le délégué CGT du site, plusieurs entreprises se sont montrées disposées à accompagner le projet en proposant des conditions avantageuses sur certains services, comme la fourniture de vapeur à moindre coût. Mais ces engagements ne répondaient pas au besoin immédiat de liquidités exigé pour convaincre le tribunal.

La déception est réelle parmi les salariés engagés dans cette démarche. Le projet coopératif visait avant tout à éviter une liquidation judiciaire et à préserver l’activité papetière historique du site, emblématique du Terrassonnais. Soutenue par des élus locaux, l’initiative se voulait une réponse industrielle et territoriale à la crise que traverse l’entreprise.

Deux candidats, deux visions pour l’avenir du site

Le tribunal doit désormais trancher entre deux offres. La société française SPB propose une transformation en profondeur du site. Son projet inclut une diversification vers le recyclage de l’aluminium, l’implantation d’un centre de données informatiques et le développement d’activités liées à la chimie. Ce scénario prévoit des suppressions d’emplois immédiates, mais promet des créations de postes à moyen terme, avec l’objectif affiché d’atteindre 300 emplois d’ici quatre ans.

Pour les représentants du personnel, cette projection soulève des interrogations. La perspective de licenciements massifs dans un premier temps, potentiellement plus de 200 postes en incluant certains sous-traitants, suscite une forte inquiétude. Se projeter sur plusieurs années paraît incertain dans un contexte économique jugé instable.

Le second candidat, le groupe tchèque Finesta, met en avant le maintien d’un maximum d’emplois et la poursuite de l’activité papetière. Toutefois, des incertitudes demeurent quant au périmètre exact des reprises et aux garanties financières apportées. Les salariés attendent des clarifications sur la solidité de cette offre et sur les éventuelles conditions suspensives.

L’âge moyen des employés, autour de 50 ans, accentue l’angoisse. Beaucoup cumulent 25 à 30 ans d’ancienneté dans une entreprise ancrée dans l’histoire locale, parfois sur plusieurs générations. La décision à venir ne concerne pas seulement des postes, mais l’équilibre d’un territoire entier. La décision du tribunal sera rendue par délibéré. Les salariés devraient être informés lors d’un comité social et économique extraordinaire. D’ici là, l’incertitude demeure, avec la crainte d’un impact social majeur si la reprise s’accompagne de suppressions massives d’emplois.

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