Nouvelle-Calédonie : la fin d’une aide d’urgence ravive la crainte d’une vague de licenciements
Nouvelle-Calédonie : la fin d’une aide d’urgence ravive la crainte d’une vague de licenciements

La disparition au 1er janvier de l’allocation de maintien dans l’emploi inquiète fortement les petites et moyennes entreprises en Nouvelle-Calédonie, où l’économie reste fragilisée par les émeutes de 2024. La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) redoute une nouvelle hausse du chômage, estimant que sans prolongation rapide du dispositif, certaines sociétés n’auront d’autre choix que de réduire leurs effectifs.

Mise en place le 1er juillet 2025 pour six mois, cette allocation devait amortir la fin du chômage partiel « spécial exaction ». Elle permettait aux employeurs de conserver leurs salariés malgré une activité en berne, en autorisant une baisse du temps de travail en dessous des 169 heures mensuelles, avec un minimum de 44 heures payées par l’entreprise. Le reste était compensé par l’allocation, calculée sur le salaire minimum garanti et financée par des reliquats de budget d’État.

Une suppression jugée prématurée dans une économie encore sous tension

Pour la CPME, l’arrêt au 31 décembre 2025 intervient trop tôt, alors que la reprise reste incertaine. Son président, Christophe Dauthieux, affirme que l’aide aurait permis de préserver environ 500 emplois en lissant l’activité sur l’ensemble du personnel, tout en évitant des ruptures brutales. Des entreprises, faute de visibilité, auraient toutefois préféré licencier dès décembre plutôt que de prolonger des contrats sans garantie de reconduction.

Les représentants patronaux soulignent également un effet indirect : maintenir des salariés partiellement actifs coûterait moins cher au système social que de basculer vers le chômage, les heures travaillées continuant à générer des cotisations. Plusieurs discussions seraient en cours autour d’une éventuelle reconduction, mais celle-ci dépend d’une décision du gouvernement et du Congrès.

La Confédération des petites et moyennes entreprises dénonce enfin un dispositif jugé trop restrictif et mal connu, certaines entreprises ayant été exclues car non touchées matériellement, malgré un impact économique réel. Dans un contexte de fragilité persistante et d’incertitude politique, les organisations patronales alertent : sans nouvelle aide, de nouvelles suppressions de postes pourraient devenir inévitables.

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