Hérault - les coquillages de l’étang de Thau à nouveau autorisés à la vente
Hérault - les coquillages de l’étang de Thau à nouveau autorisés à la vente

Les huîtres, moules et palourdes de l’étang de Thau font leur retour sur les étals. La préfecture de l’Hérault a annoncé mardi la levée de l’interdiction qui frappait depuis le 30 décembre les zones de production, après la détection d’un norovirus à l’origine de plusieurs toxi-infections alimentaires collectives.

En pleine période des fêtes, cruciale pour la filière conchylicole, la commercialisation avait été suspendue à la suite d’un épisode pluvieux mi-décembre. Les fortes précipitations avaient entraîné des débordements des réseaux d’assainissement, favorisant la contamination du milieu lagunaire.

Après vingt-huit jours sans nouvel événement contaminant, délai considéré comme suffisant pour un retour à une qualité sanitaire satisfaisante, la préfète a décidé d’autoriser à nouveau la récolte, le transport, la purification, l’expédition et la vente des coquillages issus de l’étang.

Un soulagement fragile pour une filière fragilisée

Pour les producteurs, la décision marque un soulagement attendu. Le Comité régional de conchyliculture de Méditerranée estime à environ douze millions d’euros le manque à gagner enregistré en deux mois. La crainte porte désormais sur la confiance des consommateurs, souvent longue à reconquérir après ce type d’alerte sanitaire.

Lors d’une précédente crise en 2023, liée à des causes similaires, il avait fallu entre six et neuf mois pour retrouver un niveau de commercialisation comparable à celui d’avant la suspension. Les ostréiculteurs redoutent un scénario identique, d’autant que la médiatisation de l’affaire a été jugée particulièrement lourde par la profession. Une cinquantaine d’entre eux avaient d’ailleurs manifesté début janvier pour dénoncer une couverture qu’ils estimaient défavorable.

La lagune de Thau, petite mer intérieure de 7 000 hectares située près de Sète et d’Agde, constitue la principale zone conchylicole de Méditerranée et assure environ 10 % de la production nationale d’huîtres. Elle représente près de 3 000 emplois directs et indirects. Pour accompagner la filière, les autorités ont promis 1,5 million d’euros d’aides directes, assortis d’un montant équivalent en aides indirectes. Reste à savoir si ce soutien suffira à absorber le choc économique et à rassurer durablement les consommateurs.

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