Climat - des experts alertent sur des plans mondiaux trop centrés sur la plantation d’arbres
Climat - des experts alertent sur des plans mondiaux trop centrés sur la plantation d’arbres

Les stratégies climatiques déposées par les États auprès de l’ONU comportent une faille majeure : elles misent massivement sur la plantation d’arbres, tout en laissant perdurer la destruction des forêts existantes. C’est le constat établi par un groupe international d’experts, qui redoute une aggravation de la déforestation malgré les engagements affichés par de nombreux pays.

Des forêts toujours menacées malgré les engagements internationaux

Les États ont promis d’enrayer la déforestation d’ici 2030 et enregistrent des progrès en matière de réduction des émissions liées à la perte de forêts. Mais la nouvelle analyse estime qu’en l’état, leurs plans climatiques mèneront encore à la disparition de près de 10 millions d’acres de forêts par an d’ici la fin de la décennie. À cela s’ajouteraient 40 millions d’acres dégradés chaque année sous l’effet de l’exploitation forestière, de l’élevage, des incendies et d’autres activités anthropiques. Pour les chercheurs, cette contradiction tient à la place excessive accordée à la plantation d’arbres au détriment de la protection des forêts existantes. Les plans nationaux prévoient en effet de vastes programmes de reforestation et de restauration, nécessitant environ 2,5 milliards d’acres de terres, une surface plus vaste que la Chine. Une ambition jugée irréaliste si elle n’est pas accompagnée d’un effort massif pour préserver les forêts encore intactes.

Un financement bienvenu mais insuffisant

Le Brésil, hôte des négociations climatiques de l’ONU cette année, a annoncé un programme de financement pouvant atteindre 4 milliards de dollars par an pour soutenir les pays qui protègent leurs forêts. Les auteurs de l’étude saluent cette initiative, tout en soulignant qu’elle reste insuffisante pour répondre aux enjeux. Selon eux, la simple incitation financière ne suffira pas si les causes profondes de la déforestation ne sont pas traitées.

Des économies vulnérables contraintes de puiser dans leurs forêts

Rebecca Ray, économiste à l’Université de Boston et co auteure du rapport, rappelle que de nombreux États pauvres ont recours à l’exploitation forestière, à l’extraction minière ou à l’agriculture industrielle pour répondre à des besoins de subsistance. Tant que ces pays dépendront de ces revenus pour équilibrer leurs budgets, la déforestation continuera malgré les engagements internationaux. Les experts estiment que les pays riches ont un rôle central pour inverser la tendance. Ils préconisent des annulations de dettes ciblées, ainsi qu’une réforme des règles fiscales et commerciales qui encouragent encore aujourd’hui l’expansion de secteurs destructeurs pour les forêts tropicales. Pour eux, la priorité doit être claire : protéger les forêts existantes avant de compter sur des plantations encore hypothétiques. Dans un contexte de réchauffement accéléré, chaque acre préservé vaut infiniment plus qu’un arbre planté pour compenser une destruction déjà actée.

Que retenir rapidement ?

Les stratégies climatiques déposées par les États auprès de l’ONU comportent une faille majeure : elles misent massivement sur la plantation d’arbres, tout

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