Mercredi 6 mai, Aristide Olivier, maire de Caen, a dénoncé des « comportements totalement inacceptables et intolérables » signalés en marge du banquet du Canon français, organisé le 18 avril au parc des expositions. La soirée, qui a rassemblé plus de 4.000 personnes, fait aujourd’hui parler bien au-delà des tables dressées et des verres levés.
Au micro d’ICI Normandie, l’édile a choisi des mots nets, sans effets de manche. L’ambiance, elle, semble s’être envenimée dès que le récit des témoins a commencé à circuler.
Propos racistes, saluts nazis… et une enquête attendue
Propos racistes, saluts nazis… et une enquête attendue Aristide Olivier dit vouloir attendre « les conclusions de l’enquête » avant d’aller plus loin et insiste sur sa volonté de ne pas « sur-réagir » à un dossier « devenu un sujet de tension ». Il affirme aussi qu’avant l’événement, les autorités ne disposaient pas d’éléments suffisants pour estimer qu’il y avait un risque de trouble à l’ordre public. Un journaliste de France Inter, présent pour un reportage, rapporte avoir entendu à l’intérieur du banquet des propos racistes et observé des gestes s’apparentant à des saluts nazis, enregistrés avec des micros cachés. Dans un courrier adressé au maire, une vingtaine de patrons de bars, cafés et restaurants évoquent aussi des faits après la soirée dans les rues, avec injures racistes, sexistes et homophobes, chants à caractère raciste et « plusieurs saluts nazis ».
Reste une donnée qui pèse dans la balance, presque froide: à ce stade, aucune plainte n’a été déposée, rappelle le maire. Le Canon français, entreprise spécialisée dans les « banquets géants » dans plusieurs villes, se retrouve sous une lumière peu flatteuse, d’autant que la société compterait parmi ses actionnaires le milliardaire ultra-conservateur Pierre-Edouard Stérin. Entre les témoignages, l’absence de procédure formelle pour l’instant et l’attente des conclusions, Caen se retrouve au milieu d’un débat qui dépasse la simple organisation d’une soirée, avec en ligne de mire la capacité des pouvoirs publics à anticiper, puis à sanctionner, quand la fête tourne à l’épreuve de nerfs.
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