Aux États-Unis, la société de neurotechnologie Paradromics vient d’obtenir le feu vert de la FDA pour lancer un premier essai clinique à long terme de son interface cerveau-ordinateur, un dispositif conçu pour restaurer la parole chez des personnes devenues aphasiques. Cette avancée place l’entreprise texane parmi les rivaux les plus sérieux de Neuralink, la société d’Elon Musk, déjà engagée dans ses propres essais humains.
Un implant destiné à redonner une voix aux patients
À partir de début 2024, deux volontaires souffrant de troubles moteurs sévères recevront le dispositif. L’objectif est double : vérifier la sécurité de l’implant et déterminer s’il peut permettre une communication fluide en temps réel. Les électrodes du système, en platine-iridium, pénètrent légèrement le cortex moteur chargé des mouvements des lèvres, de la langue et du larynx. L’activité neuronale enregistrée sera analysée pendant que les participants imagineront prononcer des phrases ; le système apprendra à convertir ces schémas en texte ou en voix synthétique, basée sur leurs propres enregistrements antérieurs. Paradromics entend démontrer qu’une interface entièrement implantable peut générer une voix artificielle fidèle et réactive. Pour les chercheurs, la restauration de la communication demeure l’amélioration la plus immédiate et la plus déterminante pour la qualité de vie des patients.
Un champ technologique en pleine effervescence
Plusieurs entreprises développent aujourd’hui des interfaces similaires. Synchron, à New York, teste déjà son dispositif Stentrode, implanté dans un vaisseau sanguin du cortex moteur pour capter des signaux neuronaux. Neuralink, de son côté, mise sur des fils souples comportant chacun 16 sites d’enregistrement afin d’obtenir des signaux à très haute résolution : ses essais ont déjà montré le contrôle d’ordinateurs ou de mains robotisées par la pensée. Paradromics se distingue en ciblant la génération de parole en continu, une première dans un essai clinique formel. Selon les premiers résultats, l’étude pourrait s’étendre à dix volontaires, certains recevant deux implants pour enrichir le signal ou accéder à d’autres zones du cortex.
Une étape clé pour la neurotechnologie
Pour les spécialistes, ce nouvel essai marque une progression essentielle vers des solutions cliniques implantables, durables et entièrement autonomes. Les comparaisons entre dispositifs seront scrutées de près, avec un enjeu majeur : que les entreprises rendent leurs systèmes accessibles aux recherches indépendantes, afin de renforcer la transparence et d’accélérer les progrès dans ce domaine en plein essor.