Tuberculose à l’Université de Rouen - 160 cas contacts sous surveillance
Tuberculose à l’Université de Rouen - 160 cas contacts sous surveillance

L’Université de Rouen s’est retrouvée au cœur d’une alerte sanitaire après la découverte d’un cas de tuberculose contagieuse sur le campus Pasteur. L’Agence régionale de santé de Normandie a confirmé la présence de la bactérie chez un étudiant, rappelant au passage que cette maladie ancienne n’a jamais totalement disparu du paysage médical français, où l’on recense chaque année entre 4 000 et 5 000 cas. L’annonce a créé un climat de nervosité chez plusieurs étudiants, certains découvrant pour la première fois la réalité d’une maladie qu’ils imaginaient éradiquée. Une deuxième étudiante a même signalé être confinée dans sa chambre après avoir appris qu’elle était également atteinte de la tuberculose, ce qui a renforcé les inquiétudes autour des risques de transmission.

Un dépistage massif et une enquête en cours

Face à la situation, l’ARS a immédiatement missionné le Centre de lutte antituberculeuse de Seine-Maritime pour identifier les éventuelles chaînes de contamination. Grâce aux premiers dépistages, 150 étudiants et une quinzaine d’enseignants ont été identifiés comme cas contacts. Radiographies pulmonaires et prises de sang vont désormais rythmer les prochaines semaines pour suivre l’évolution de la situation. Les autorités précisent toutefois que la tuberculose, bien que contagieuse, ne se transmet pas aussi facilement que la grippe ou la rougeole. La diffusion du bacille nécessite des contacts prolongés en milieu clos. Le service de santé universitaire rappelle que le corps peut neutraliser une faible quantité de bactéries, mais qu’une exposition répétée peut finir par saturer les défenses immunitaires, favorisant le développement de la maladie.

Comprendre la maladie et les risques sur le campus

La tuberculose touche le plus souvent les poumons et se transmet par voie aérienne. Les symptômes typiques associent toux, fièvre légère, fatigue persistante et parfois douleurs thoraciques. Bien qu’impressionnante, la maladie se soigne efficacement en France, grâce à un traitement antibiotique strict qui évite les complications. Le vaccin BCG, longtemps obligatoire, ne l’est plus depuis 2007. Il reste recommandé pour les enfants exposés à un risque élevé, notamment ceux ayant des liens familiaux ou résidentiels avec des régions où la maladie circule fortement. Cette évolution explique que plusieurs générations d’étudiants ne soient aujourd’hui plus vaccinées, ce qui peut renforcer les craintes lors d’un épisode de contamination. Pour l’instant, aucune mesure de restriction particulière n’a été imposée sur le campus, hormis les recommandations habituelles en cas de symptômes respiratoires. L’ARS insiste sur la nécessité d’un suivi rigoureux pour les personnes identifiées comme cas contacts, mais ne considère pas que la situation requière des mesures plus contraignantes. La situation reste surveillée de près. Si la tuberculose continue d’être bien prise en charge en France, elle demeure l’une des principales causes de mortalité infectieuse dans le monde, avec plus d’un million de décès chaque année. Un rappel brutal que certaines maladies anciennes n’ont jamais totalement disparu.

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