Après une décennie de travaux, l’Agence nationale de sécurité sanitaire publie un rapport massif qui tranche un débat vieux de plus de vingt ans : selon l’analyse de 232 études menées entre 2013 et 2024, aucune preuve ne permet d’établir que les ondes émises par les smartphones provoquent des cancers. Les études menées sur des populations humaines confirment l’absence de hausse de tumeurs cérébrales liée à l’usage du téléphone, et les travaux en laboratoire ne montrent pas d’induction de tumeurs dans des conditions d’exposition équivalentes à celles rencontrées dans la vie courante. Les chercheurs rappellent que certains effets observés chez l’animal ne surviennent qu’à des intensités bien supérieures aux limites réglementaires, comparables à des tests extrêmes qui ne reflètent pas l’usage réel d’un appareil mobile.
Une prudence maintenue malgré l’absence de risque démontré
L’agence sanitaire continue toutefois d’appeler à un usage raisonnable des téléphones mobiles, au nom du principe de précaution et en raison de l’évolution rapide des technologies de communication. Les experts soulignent que l’impact éventuel d’expositions continues sur plusieurs décennies reste difficile à évaluer, alors que les standards techniques changent régulièrement, de la 4G à la 5G et bientôt à de nouvelles générations de réseaux. Dans ses recommandations, l’agence ne se limite plus aux seules ondes : elle élargit la notion de santé aux effets bien documentés de l’usage intensif du smartphone, qu’il s’agisse de la sédentarité, des perturbations du sommeil liées à la lumière des écrans ou encore des conséquences sur la santé mentale des plus jeunes. Pour les autorités sanitaires, s’éloigner du téléphone avant de dormir relève moins de la protection contre un rayonnement invisible que de la nécessité de limiter une utilisation excessive qui affecte le repos et l’attention.