Médicaments : la liste noire 2026 fait trembler les ordonnances
Médicaments : la liste noire 2026 fait trembler les ordonnances

La revue indépendante Prescrire a dévoilé son nouveau classement des médicaments « à éviter » pour 2026. Plus d’une centaine de traitements sont jugés plus dangereux qu’utiles, des anti-inflammatoires aux antidiabétiques, en passant par le Smecta ou certains anti-Alzheimer. Cette année, trois médicaments couramment utilisés en France font leur entrée, chacun lié à des pathologies chroniques du quotidien. Une publication qui relance le débat entre sécurité sanitaire, efficacité réelle et manque d’alternatives thérapeutiques.

Les nouveaux venus dans la catégorie des médicaments à éviter

Parmi les ajouts les plus marquants, Prescrire épingle un traitement non hormonal destiné à atténuer les bouffées de chaleur de la ménopause. Le fézolinétant, commercialisé sous le nom Veoza, est considéré comme trop risqué en raison de graves atteintes hépatiques observées après son introduction. Cette alerte intervient alors que des femmes intolérantes aux traitements hormonaux espéraient y trouver une solution de repli. Vient ensuite un médicament contre la toux chronique réfractaire, le géfapixant, soupçonné de provoquer des troubles du goût tout en augmentant le risque de pneumonie, dans un contexte où les patients concernés n’ont pourtant aucun autre recours thérapeutique. La liste accueille également la chondroïtine, très répandue contre l’arthrose, jugée inefficace et susceptible d’entraîner des réactions allergiques sévères. À ces trois produits vendus en France s’ajoute un quatrième traitement, non commercialisé sur le marché national, suspecté d’aggraver des accidents thrombotiques lors de la prise en charge d’hémorragies graves.

Des médicaments anciens toujours pointés du doigt

Au-delà des nouveautés, Prescrire reconduit une série de critiques visant des traitements bien implantés dans le paysage pharmaceutique français. Certains antidiabétiques, notamment les gliptines, restent mis en cause pour des risques de pancréatite, de réactions cutanées graves ou d’infections sévères. Côté cardiologie, l’aliskirène et la dronédarone conservent leur mauvaise réputation, le premier étant associé à des complications cardiovasculaires et rénales, le second à des hépatites et pneumopathies malgré une efficacité moindre. Les anti-inflammatoires comme le diclofénac, les coxibs ou le kétoprofène en gel figurent également dans la liste, en raison d’effets indésirables parfois lourds, allant des infarctus aux réactions cutanées importantes. En neurologie, les traitements de la maladie d’Alzheimer restent affublés d’une efficacité marginale face à des effets digestifs, cardiaques ou psychiatriques jugés préoccupants. Enfin, en gastro-entérologie, la dompéridone, la métopimazine ou les argiles médicinales comme le Smecta demeurent décriées, notamment pour leurs risques cardiaques ou leur contamination au plomb.

Un débat toujours vif autour de la notion de risque acceptable

La publication annuelle de Prescrire soulève invariablement des discussions entre spécialistes, certains saluant l’exigence d’indépendance, d’autres estimant que l’approche reste trop radicale face à des affections où les options thérapeutiques sont rares. Pour de nombreux patients, ces médicaments procurent malgré tout un soulagement, même modeste, dans des situations où le quotidien est profondément altéré. La revue, elle, maintient sa ligne : l’absence de bénéfice réel rend tout effet indésirable potentiellement inacceptable. Dans un contexte de défiance croissante envers les produits de santé, ce classement contribue à interroger les pratiques, les habitudes de prescription et la nécessité de réévaluer régulièrement l’utilité des traitements disponibles.

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