Une équipe de neuroscientifiques basée à Alicante affirme avoir identifié un mécanisme précis à l’origine de l’anxiété, un trouble qui touche des millions de personnes à travers le monde. Selon leurs travaux, publiés dans la revue iScience, un seul gène jouerait un rôle déterminant dans le déclenchement de ces réactions émotionnelles excessives. L’étude s’intéresse à l’amygdale, une structure cérébrale déjà reconnue pour son implication dans les réponses liées au stress, et met en évidence la façon dont la surexpression d’un gène précis, appelé Grik4, pourrait perturber son fonctionnement. Les chercheurs ont modifié génétiquement des souris afin qu’elles produisent davantage de ce gène. Les animaux se sont alors mis à manifester des signes d’anxiété, des comportements de retrait social et une excitabilité accrue de l’amygdale, ce qui a permis d’établir un lien direct entre ce gène et les symptômes observés. L’amygdale, lorsqu’elle réagit de manière disproportionnée, déclenche une cascade de phénomènes biologiques pouvant mener à des troubles anxieux ou dépressifs, ce que les scientifiques ont cherché à réguler dans la suite de leurs travaux.
Une thérapie génique qui atténue les symptômes chez les souris
L’équipe de recherche a ensuite administré aux rongeurs un traitement destiné à rétablir un niveau normal de Grik4. Les analyses comportementales menées avant et après cette intervention ont montré des changements significatifs. Les souris, jusque-là attirées par les espaces confinés et présentant des signes d’isolement, ont retrouvé un comportement social plus stable après la thérapie génique. Les enregistrements électrophysiologiques ont également confirmé une normalisation de l’activité neuronale dans l’amygdale. Ces résultats suggèrent qu’un ajustement génétique précis peut suffire à atténuer, voire à faire disparaître, les comportements associés à l’anxiété dans ce modèle animal. Les chercheurs soulignent qu’une petite population de neurones, une fois modifiée, suffit à réorienter l’ensemble du circuit amygdalien, ce qui ouvre des perspectives nouvelles pour la prise en charge des troubles affectifs.
Une avancée encore expérimentale mais prometteuse
Le travail mené en laboratoire reste pour l’instant limité aux souris, et les scientifiques précisent qu’il faudra de nombreuses étapes avant d’envisager une application chez l’être humain. Les mécanismes d’action devront être confirmés, les protocoles de thérapie génique adaptés et les risques évalués. Malgré ces précautions, les résultats constituent une piste sérieuse pour mieux comprendre l’origine biologique de l’anxiété et imaginer des traitements plus ciblés. En attendant la mise au point d’une thérapie inspirée de ces travaux, les méthodes de gestion du stress, comme les exercices de respiration ou les techniques de relaxation, demeurent parmi les moyens les plus efficaces pour réduire les symptômes dans la vie quotidienne.