Santé publique France publie son Baromètre 2024, une vaste enquête menée auprès de 35 000 Français de 18 à 79 ans. Véritable photographie du pays, elle montre à la fois des progrès ( notamment sur la baisse du tabagisme ) et des signaux d’alerte touchant la santé mentale, les inégalités sociales ou encore l’impact du changement climatique. L’agence décrit un outil devenu « incontournable » pour orienter les politiques publiques.
Des progrès nets, mais des fractures sociales persistantes
Premier motif de satisfaction : le tabagisme chute fortement, avec 17 % de fumeurs quotidiens (–8 points depuis 2021) et 4 millions de fumeurs en moins en dix ans. En parallèle, le vapotage progresse et concerne 8 % des adultes. À l’inverse, les inégalités de santé se creusent. Les personnes peu diplômées ou en difficulté financière cumulent davantage de risques : elles fument plus, souffrent davantage de maladies chroniques et déclarent un état de santé plus fragile. L’alcool, lui, demeure davantage consommé par les catégories aisées.
Le rapport souligne aussi la méconnaissance persistante de sujets majeurs comme la résistance aux antibiotiques, peu identifiée par le grand public alors que la France continue d’en prescrire trop. Les Français restent globalement favorables à la vaccination, mais avec de fortes réserves sur certains vaccins, notamment celui contre le Covid-19.
Enfin, l’enquête révèle l’ampleur de l’impact du réchauffement climatique sur la santé : 79 % des Français disent avoir subi un événement climatique extrême en deux ans, et plus d’un tiers en ont souffert physiquement. Pour les scientifiques, l’éco-anxiété et les conséquences directes du climat deviennent désormais « des enjeux de santé publique à part entière ».