La fondation de Bill Gates tire la sonnette d’alarme. Pour la première fois depuis le début du siècle, le nombre d’enfants mourant avant l’âge de cinq ans repart à la hausse. Le rapport publié ce jeudi estime que 4,8 millions d’entre eux pourraient mourir en 2025, soit 200 000 de plus que l’année précédente. Un bond que le philanthrope qualifie de tragique, tant la baisse constante de la mortalité infantile symbolisait l’un des rares progrès réguliers des deux dernières décennies.
Un recul attribué à la chute de l’aide internationale
La fondation pointe une cause centrale : l’effondrement des financements consacrés à la santé mondiale. L’aide internationale aurait chuté de près de 27 % en un an, fragilisant les systèmes de soins et menaçant des programmes essentiels comme la vaccination ou la lutte contre le paludisme. Les auteurs du rapport alertent désormais sur un risque majeur. Si ces coupes se prolongent, jusqu’à 16 millions d’enfants supplémentaires pourraient mourir d’ici 2045.
Face à cette perspective sombre, Bill Gates exhorte les pays occidentaux à maintenir leurs engagements. Il rappelle qu’un système de soins primaires solide peut, pour moins de 100 dollars par personne et par an, éviter la grande majorité des décès infantiles. Un appel pressant, formulé comme une évidence : derrière les statistiques, il y a des millions d’enfants dont la survie dépend d’un effort collectif que le monde semble, aujourd’hui, prêt à sacrifier.