Le gouvernement britannique a annoncé mardi une baisse de 15 % de sa contribution à l’initiative mondiale de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, ramenant son engagement à 850 millions de livres sterling (environ 1,14 milliard de dollars) pour la période 2026-2028.
Cette décision intervient alors que Londres réoriente une partie de son budget d’aide au développement vers les dépenses militaires, sous la pression croissante des États-Unis pour renforcer la défense européenne. Le Royaume-Uni, donateur historique du Fonds mondial basé à Genève, justifie ce choix en affirmant que cette nouvelle contribution « permettra tout de même de sauver jusqu’à 1,3 million de vies » et d’éviter près de 22 millions de nouvelles infections.
Cependant, selon les calculs de Reuters, cette promesse représente une baisse de 15 % par rapport au milliard de livres versé pour la période 2023-2025, un montant déjà réduit d’un tiers par rapport au cycle précédent (2019-2021). Plus tôt cette année, Londres a abaissé son budget global d’aide au développement à 0,3 % du revenu national brut, contre 0,5 % auparavant.
Le Fonds mondial, qui vise à lever 18 milliards de dollars pour poursuivre ses programmes sur trois ans, traverse une période difficile marquée par la baisse des contributions internationales. Plusieurs donateurs majeurs ont également revu leurs engagements à la baisse : l’Allemagne a réduit sa participation à 1 milliard d’euros (contre 1,3 milliard précédemment), tandis que la Fondation Gates a maintenu son soutien à 912 millions de dollars.
La Grande-Bretagne doit coorganiser, avec l’Afrique du Sud, une conférence de levée de fonds à Johannesburg d’ici la fin du mois, dans l’espoir de compenser le désengagement progressif des puissances occidentales du financement de la santé mondiale.