La Réunion frappée de plein fouet par une épidémie de chikungunya sans précédent
La Réunion frappée de plein fouet par une épidémie de chikungunya sans précédent

La Réunion vient de traverser l’une des pires crises sanitaires de son histoire récente. Une étude rendue publique par Santé publique France révèle que près d’un habitant sur deux a été contaminé par le chikungunya en 2025, soit environ 450 000 personnes. L’ampleur de cette flambée dépasse celle, déjà marquante, du milieu des années 2000. Au printemps, les hôpitaux ont été submergés et l’activité économique sérieusement ralentie, alors que le moustique-tigre, vecteur du virus, circulait partout sur l’île.

Les autorités sanitaires évaluent à près de 200 000 le nombre de consultations liées à la maladie cette année, auxquelles se sont ajoutés quelque 3 000 passages aux urgences et plus de 54 000 cas confirmés en laboratoire. La plupart des malades ont présenté une forte fièvre et de violentes douleurs articulaires, souvent invalidantes, mais les formes sévères sont restées rares.

Une population désormais massivement immunisée

Pour comprendre l’ampleur réelle de cette vague, les chercheurs ont analysé les prélèvements sanguins de plus de 1 500 Réunionnais afin d’y mesurer les anticorps dirigés contre le virus. En combinant ces nouvelles données avec celles de l’épidémie de 2005-2006, ils estiment aujourd’hui que deux tiers des habitants ont déjà été exposés au chikungunya. Un niveau d’immunité collectif inédit, qui devrait offrir à l’île un répit bienvenu.

Cette protection populationnelle laisse penser que 2026 ne connaîtra pas une nouvelle flambée majeure, même si la vigilance reste de mise. Les autorités sanitaires rappellent que le moustique-tigre demeure présent et que les conditions climatiques peuvent favoriser un retour rapide du virus. Pour l’heure, La Réunion panse ses plaies après une année éprouvante, marquée par une crise dont elle se serait volontiers passée.

Partager