IST chez les jeunes, dix ans d’évolution marquée par une hausse des contaminations 
IST chez les jeunes, dix ans d’évolution marquée par une hausse des contaminations 

Les infections sexuellement transmissibles n’ont cessé de progresser depuis le début des années 2000 et les données publiées par Santé publique France confirment que les 15 25 ans restent particulièrement exposés. Syphilis, gonorrhée, chlamydiose et VIH suivent des trajectoires différentes, mais toutes montrent une même tendance, une pression infectieuse persistante chez les plus jeunes. Le nouveau bilan, couvrant la période 2014 2023, met en évidence une augmentation massive du recours aux tests, mais aussi une progression notable du nombre de diagnostics, notamment pour les chlamydioses et les gonococcies. Malgré l’amélioration de l’accès au dépistage, les jeunes continuent d’être touchés plus fortement que les autres classes d’âge, ce qui interroge l’efficacité des dispositifs de prévention et la manière dont ils sont perçus.

Des diagnostics en hausse malgré une amplification du dépistage

Les taux de dépistage ont bondi de manière spectaculaire au cours de la décennie, avec une progression allant jusqu’à près de 600 pour cent chez les jeunes selon les infections. Pourtant, les découvertes de séropositivité au VIH ont diminué chez les adultes mais augmenté de 41 pour cent chez les 15 24 ans. Une stabilisation est néanmoins observée chez les jeunes hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, population historiquement très exposée. Les diagnostics de gonococcie sont en hausse chez les jeunes femmes comme chez les jeunes hommes, tandis que les chlamydioses progressent surtout chez ces derniers. Seule la syphilis reste stable dans cette classe d’âge. En Europe, la tendance est comparable, une majorité des cas de chlamydiose, une part notable des syphilis et près d’un quart des gonorrhées touchant les moins de 25 ans. En France, la hausse des contaminations chez les plus jeunes contraste avec la dynamique observée chez les plus de 25 ans, où les diagnostics diminuent ou progressent moins rapidement.

Un renforcement des dispositifs pour faciliter le dépistage et la prévention

La progression des dépistages doit beaucoup au dispositif VIHtest, qui permet un accès direct au test sans ordonnance. En 2023, plus de huit cent mille dépistages ont été réalisés dans ce cadre, dont une part significative par des jeunes. Depuis septembre 2024, ce dispositif s’est élargi à d’autres IST sous le nom de Mon test IST, offrant la possibilité de dépister VIH, hépatite B, syphilis, gonorrhée et chlamydiose gratuitement pour les moins de 26 ans. Parallèlement, des mesures complémentaires ont été mises en place, comme la recommandation d’un dépistage systématique de la chlamydiose chez les jeunes femmes sexuellement actives ainsi que la distribution gratuite de certains préservatifs en pharmacie pour les 25 ans et moins. Les autorités sanitaires insistent sur la nécessité de poursuivre ces actions, estimant que l’augmentation du dépistage doit s’accompagner d’une prévention renforcée afin de réduire les nouvelles contaminations. Malgré les progrès accomplis, les jeunes demeurent particulièrement vulnérables, ce qui oblige à repenser les stratégies de message, d’accompagnement et d’accès aux outils de protection.

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