Amélie Nothomb signe un roman poignant sur sa mère dans Tant mieux
Amélie Nothomb signe un roman poignant sur sa mère dans Tant mieux

Comme chaque été depuis plus de trente ans, Amélie Nothomb fait sa rentrée littéraire avec un nouveau roman. Intitulé Tant mieux (Albin Michel), ce 33e ouvrage, en librairie à partir du 20 août, se distingue par sa charge émotionnelle et son ancrage personnel. Après avoir raconté son père dans Premier sang (2021) puis dans Psychopompe (2023), l’autrice belge consacre cette fois son récit à une autre figure familiale : sa mère, jusque-là absente de ses récits.

Un roman entre fiction et mémoire

Dans Tant mieux, Nothomb retrace la vie d’Adrienne, une fillette de quatre ans, placée le temps d’un été chez sa grand-mère maternelle à Gand. Cette figure autoritaire et cruelle l’oblige notamment à avaler son vomi après un petit déjeuner imposé au hareng. Dans cette atmosphère étouffante, Adrienne ne trouve d’échappatoire que dans un mantra, répété comme une formule magique : « Tant mieux. »

Ce « tant mieux » devient rapidement une arme mentale pour affronter les violences de l’enfance. Tout ce qui blesse ou effraie est absorbé dans ce mantra, qui devient outil de résistance, de survie, mais aussi, paradoxalement, d’espoir. Ce n’est qu’au fil des pages que l’on comprend que l’histoire d’Adrienne est en fait le portrait romancé de la mère de l’autrice, Astrid Nothomb.

Un hommage littéraire bouleversant

À mesure que le récit progresse, les indices s’accumulent. L’enfance difficile d’Adrienne, son rapport ambivalent avec une mère aimante mais instable, son adolescence marquée par les silences, culminent dans une révélation en toute fin de roman : Tant mieux n’est pas une pure fiction. Amélie Nothomb met fin à l’ambiguïté en révélant que ce livre est un hommage direct à sa mère, disparue le 11 février 2024.

Écrit à la première personne dans ses dernières pages, Tant mieux devient une lettre d’adieu bouleversante, portée par une écriture toujours aussi précise et poétique. La révélation donne au récit une autre dimension, rendant les douleurs racontées plus tangibles, les silences plus lourds, et l’hommage plus vibrant encore.

Avec ce nouveau roman, Nothomb explore une fois de plus la frontière entre fiction et autofiction, et livre un texte intime sur l’héritage familial, l’enfance cabossée et la force des mots pour dire l’indicible. Un récit puissant, tendre et dur à la fois, porté par une voix littéraire unique.

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