L’Assemblée nationale a adopté le projet de loi sur la fin de vie, ouvrant la voie à une légalisation encadrée de l’aide à mourir pour les personnes atteintes de maladies graves et incurables. Une avancée saluée avec émotion par la comédienne et militante Line Renaud, figure emblématique du combat pour le droit de choisir sa mort.
Dans un message posté sur ses réseaux sociaux, Line Renaud a réagi ce mercredi à l’issue du vote :
« C’est un vote historique pour le droit de choisir sa fin de vie.
Pour la première fois, plus de 60% des députés ont voté pour l’aide à mourir pour les personnes en fin de vie. Je suis émue par ce vote que j’attendais depuis si longtemps.
Mais je sais aussi que le chemin sera encore long pour le vote définitif d’une loi permettant ce soin ultime. Comptez sur moi pour ne rien lâcher et me battre sans relâche jusqu’au vote définitif d’une loi nous accordant notre dernière liberté. Line »
Un soutien constant à la cause
Line Renaud, 95 ans, n’a jamais caché son engagement en faveur d’une légalisation de l’aide active à mourir. Proche d’Emmanuel Macron, elle avait déjà plaidé en 2022 pour une loi « humaine, encadrée et respectueuse », estimant qu’il s’agissait de « notre dernière liberté ». Elle avait également co-signé des tribunes appelant à légiférer, et rencontré plusieurs fois des parlementaires et membres du gouvernement pour faire avancer ce dossier sensible.
Un vote symbolique mais encore non définitif
Adopté en première lecture avec une majorité confortable, plus de 60 % des députés, issus de diverses sensibilités politiques, le texte doit encore passer devant le Sénat, avant un possible retour à l’Assemblée pour l’adoption définitive. Le gouvernement espère une promulgation avant la fin de l’année, mais le parcours parlementaire s’annonce semé d’embûches, notamment en raison de fortes oppositions au sein de la droite sénatoriale et de certains groupes religieux.
Un débat de société de longue haleine
Ce vote intervient après plusieurs mois de concertation, notamment à travers la Convention citoyenne sur la fin de vie, dont les travaux avaient été salués par la présidence de la République. Le projet de loi prévoit un encadrement strict : l’aide à mourir ne pourra être demandée que par des personnes majeures, atteintes d’une affection grave et incurable, avec une souffrance insupportable et dont le pronostic vital est engagé à court terme.
Pour Line Renaud, il s’agit d’une bataille de dignité. Celle qui s’est battue des décennies durant pour les droits des personnes touchées par le sida ou pour la cause LGBT+ veut aujourd’hui faire de la fin de vie un combat aussi structurant pour la société française. Son message de détermination est un rappel : cette avancée, aussi significative soit-elle, n’est qu’un début…