Les Forces de soutien rapide (FSR), principal groupe paramilitaire impliqué dans le conflit soudanais, ont annoncé jeudi avoir accepté une proposition américaine soutenue par plusieurs puissances arabes en faveur d’un cessez-le-feu humanitaire. Le mouvement s’est également dit prêt à entamer des discussions sur une cessation durable des hostilités et sur les bases d’un processus politique au Soudan.
Cette déclaration intervient alors que la guerre, qui oppose depuis plus de deux ans et demi les FSR à l’armée soudanaise, continue de ravager le pays. Malgré de multiples tentatives de trêve négociées par les États-Unis ou d’autres médiateurs, aucun cessez-le-feu n’a jusqu’ici tenu plus de quelques jours. Washington, sous l’administration du président Donald Trump, affirme poursuivre ses efforts diplomatiques pour mettre fin à un conflit qui a déjà fait des dizaines de milliers de morts.
Le communiqué des FSR survient moins de deux semaines après la prise de la ville d’al-Fashir, capitale du Nord-Darfour, théâtre d’une grave crise humanitaire et de violences meurtrières. Cette victoire stratégique a renforcé l’emprise des FSR sur la région, provoquant une nouvelle vague de déplacements massifs. Des témoins accusent les paramilitaires d’avoir commis des exécutions sommaires et des enlèvements lors de la conquête de la ville, des accusations que le commandement des FSR affirme vouloir examiner en promettant de poursuivre les auteurs de violations.
L’armée soudanaise n’a pas encore réagi officiellement à la proposition américaine. Le Conseil de sécurité et de défense, dirigé par les militaires, s’est réuni plus tôt dans la semaine pour examiner l’initiative, sans toutefois annoncer de position définitive. Des sources proches de l’armée ont rapporté que plusieurs officiers influents y étaient opposés.
De son côté, un porte-parole du département d’État américain a confirmé que Washington poursuivait le dialogue avec les deux camps pour favoriser une trêve humanitaire. « Nous exhortons les deux parties à aller de l’avant pour mettre fin aux violences et soulager les souffrances du peuple soudanais », a-t-il déclaré.
Les États-Unis, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Égypte avaient déjà appelé en septembre à une trêve humanitaire de trois mois devant déboucher sur un cessez-le-feu permanent. Depuis le début du conflit en avril 2023, le Soudan s’enfonce dans le chaos : des millions de civils ont été déplacés, la famine s’étend dans plusieurs régions, et les infrastructures du pays sont en grande partie détruites.