Survol de drone à Eurenco Bergerac : un site sensible de la défense française visé (Wikipedia commons)
Survol de drone à Eurenco Bergerac : un site sensible de la défense française visé (Wikipedia commons)

La multiplication des incursions de drones en Europe (Pologne, Roumanie, Danemark) pose une question directe : la France est-elle prête à réagir en cas de menace similaire ? Le risque concerne autant les lieux de pouvoir que les sites stratégiques comme les centrales nucléaires, déjà survolées par Greenpeace il y a quelques années, ou encore les aéroports, dont sept disposent d’un système de détection spécifique. La surveillance aérienne repose sur un réseau de 70 radars opérés par l’armée de l’air, en alerte permanente. Mais l’approche varie selon la menace : face à un mini-drone civil, inutile d’envoyer un chasseur, explique le colonel Hervé de la Haute autorité de la Défense aérienne. Dans ce cas, on privilégie le brouillage électronique. Pour un appareil plus gros, l’intervention peut relever de la défense sol-air classique.

Une course technologique permanente

Les autorités locales disposent elles aussi d’outils adaptés : brouilleurs longue portée ou fusils capables de neutraliser une cible précise. Mais chaque innovation appelle une contre-mesure. « En quelques mois, il faut avoir sorti de nouvelles technologies pour être sûr de neutraliser ces menaces », rappelle Nicolas Vellas, président de Mc2 Technologies, fournisseur de l’armée et de plusieurs préfectures. Avec la montée en puissance de l’intelligence artificielle, les chercheurs planchent désormais sur des systèmes capables d’identifier et d’intercepter les drones de manière encore plus efficace. Entre vigilance humaine et technologie de pointe, la défense française cherche à combler ses failles dans un ciel où la menace, de plus en plus discrète, ne cesse de s’affirmer.

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