COP30 - l’absence des États-Unis inquiète les diplomates, qui redoutent des perturbations du sommet climatique (AP)
COP30 - l’absence des États-Unis inquiète les diplomates, qui redoutent des perturbations du sommet climatique (AP)

À quelques jours de l’ouverture de la COP30 à Belém, au Brésil, plusieurs délégations étrangères se disent préoccupées par le risque de perturbations liées à l’absence annoncée des États-Unis. L’administration Trump a confirmé qu’aucun haut responsable américain ne participerait au sommet, le président qualifiant le changement climatique de « plus grande escroquerie de l’histoire » lors de son discours à l’ONU en septembre.

Malgré cette absence officielle, Washington conserve la possibilité d’envoyer des négociateurs à tout moment pendant les discussions, prévues du 10 au 21 novembre. Trois diplomates européens ont indiqué à Reuters que l’Union européenne préparait plusieurs scénarios, allant d’un retrait complet à une intervention américaine destinée à bloquer certains accords ou à organiser des événements parallèles critiquant les politiques climatiques internationales.

La méfiance s’est accrue après l’échec, en octobre, d’un accord sur une taxe carbone maritime au sein de l’Organisation maritime internationale. Plusieurs pays affirment que des menaces américaines de représailles économiques droits de douane, restrictions de visas, taxes portuaires avaient poussé certains États à se retirer du projet. « Qu’un pays en vienne à menacer d’autres délégations ou négociateurs, c’est extrêmement préoccupant », a déclaré le ministre norvégien du Climat, Andreas Bjelland Eriksen.

Face à ce contexte tendu, l’Union européenne cherche à maintenir un front uni autour de l’Accord de Paris. Mais certains États craignent de subir des pressions bilatérales de Washington. Le sénateur démocrate Sheldon Whitehouse a exhorté les partenaires internationaux à ne pas « céder à l’intimidation », estimant qu’un recul collectif « ouvrirait la voie à de nouvelles ingérences ».

L’absence américaine pourrait également offrir à la Chine une opportunité d’accroître son influence. Pékin, premier émetteur mondial de CO₂ mais aussi leader des technologies vertes, a réaffirmé son soutien au multilatéralisme climatique. « Aucune nation ne peut se soustraire à ses responsabilités », a déclaré un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Les discussions de la COP30 porteront sur un large éventail de sujets, notamment le financement climatique, la résilience face aux catastrophes et la transition énergétique. Si les États-Unis semblent vouloir se tenir à l’écart, de nombreux observateurs estiment qu’ils ne pourront pas empêcher la dynamique mondiale d’avancer. « Saboter la coopération internationale isolerait davantage Washington », a résumé David Waskow, du World Resources Institute.

Que retenir rapidement ?

À quelques jours de l’ouverture de la COP30 à Belém, au Brésil, plusieurs délégations étrangères se disent préoccupées par le risque de perturbations liées

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