La scène choque autant qu’elle intrigue. Lundi matin, deux fidèles de la mosquée Omar Ibn Al-Khatab, au Chambon-Feugerolles, commune voisine de Saint-Étienne, ont découvert une patte de sanglier sur le parking du lieu de culte. Dans la tradition islamique, l’animal est considéré comme impur. La police judiciaire a été saisie par le parquet de Saint-Étienne, qui a ouvert une enquête pour tenter de comprendre qui a déposé ce macabre symbole et dans quel but. L’affaire intervient à peine une semaine après la découverte de têtes de cochon devant deux mosquées de la région parisienne. La répétition des faits fait planer le soupçon d’une série d’actes islamophobes, même si les enquêteurs se refusent à privilégier pour l’heure une piste unique. Des prélèvements techniques ont été réalisés sur place, et les caméras de vidéosurveillance installées autour du site vont être exploitées. Le directeur départemental de la police a rappelé que « toutes les hypothèses sont sur la table, y compris l’hypothèse d’ingérences étrangères ».
Condamnations et appels au calme
La réaction politique n’a pas tardé. La députée de la circonscription, Sylvie Bonnet (LR), a tenu à afficher son soutien aux fidèles, rappelant que les lieux de culte devaient rester des « espaces de paix, de spiritualité et de rassemblement ». Elle a dénoncé une provocation « inqualifiable », estimant qu’elle ne devait pas diviser mais au contraire renforcer la solidarité. La Grande Mosquée de Paris a, elle aussi, condamné l’acte « avec la plus grande vigueur », qualifiant l’épisode « d’abject ». Elle a apporté son soutien aux responsables du lieu de culte ligérien et à la communauté musulmane locale, « meurtrie » par ce nouvel épisode, survenu quelques jours seulement après les profanations constatées en Île-de-France. Dans la vallée de l’Ondaine comme ailleurs, l’affaire relance les craintes d’une montée des provocations visant directement les lieux de prière musulmans. L’enquête devra déterminer si le pied de sanglier n’est qu’une sinistre provocation isolée ou le signe d’une stratégie de harcèlement plus organisée.