Derrière les murs du centre pénitentiaire du Havre, un trafic de drogue et de téléphones s’était organisé avec la complicité d’un surveillant. Ce mardi 3 juin, le tribunal correctionnel a rendu son jugement contre cinq personnes impliquées dans l’affaire, dont un agent pénitentiaire. Les peines prononcées vont jusqu’à un an de prison ferme.
Une organisation bien rodée mise au jour en pleine pandémie
L’affaire remonte à 2020, en pleine période de confinement. À la suite de fouilles dans plusieurs cellules, des téléphones et des cartes SIM sont découverts, déclenchant une enquête. Celle-ci révèle qu’un surveillant, en poste à la maison d’arrêt de Saint-Aubin-Routot, introduisait régulièrement du cannabis en prison. L’homme de 42 ans a reconnu avoir transporté une trentaine de grammes de résine « une dizaine de fois », en échange de 200 euros par transaction. Le président du tribunal a évoqué « une organisation posée pour faire entrer des produits stupéfiants ».
Des condamnations pour les cinq prévenus, absences à l’audience et accusations croisées
Seules trois des cinq personnes convoquées étaient présentes à l’audience. Parmi les absents, un détenu actuellement en fuite et une femme poursuivie pour complicité. Les responsabilités se rejettent mutuellement. Le surveillant accuse un détenu surnommé « Chinois », purgeant une peine de 30 ans pour meurtre, d’avoir dirigé le trafic. Ce dernier nie en bloc : « Je sors en 2044, quel intérêt j’aurais à prendre une nouvelle peine ? » Le tribunal a tranché : 12 mois de prison ferme pour le surveillant, aménageables sous bracelet électronique ; 10 mois fermes pour « Chinois » ; même peine pour deux autres anciens détenus, dont l’un en fuite ; enfin, 10 mois avec sursis pour la cinquième accusée. Tous restent présumés innocents tant que les recours restent ouverts.