Soudan du Sud : l’ONU accuse une attaque délibérée contre un hôpital de MSF, évoque un possible crime de guerre Soudan du Sud : l’ONU accuse une attaque délibérée contre un hôpital de MSF, évoque un possible crime de guerre
Soudan du Sud : l’ONU accuse une attaque délibérée contre un hôpital de MSF, évoque un possible crime de guerre

NAIROBI – L’attaque meurtrière ayant visé ce week-end un hôpital géré par Médecins sans frontières (MSF) à Old Fangak, dans le nord du Soudan du Sud, était délibérée et pourrait constituer un crime de guerre, a déclaré mardi la Commission des droits de l’homme de l’ONU pour le Soudan du Sud. Selon l’organisation humanitaire, au moins sept personnes ont été tuées et vingt autres blessées lors du bombardement, qui a détruit la pharmacie du centre médical et gravement endommagé les installations hospitalières restantes.

Dans un communiqué cinglant, Yasmin Sooka, présidente de la commission onusienne, a affirmé que cette attaque ne relevait pas d’un « accident tragique », mais d’un acte volontaire et illégal contre une structure médicale protégée par le droit international humanitaire. « Le bombardement aérien de l’hôpital MSF à Old Fangak constitue une violation flagrante du droit international humanitaire et pourrait constituer un crime de guerre », a-t-elle dénoncé.

Aucune faction n’a revendiqué cette attaque, qui survient dans un contexte de tensions armées croissantes dans la région du Grand Nil Supérieur, marquée ces derniers mois par des affrontements entre les forces gouvernementales et une milice ethnique supposément liée au premier vice-président Riek Machar. Ce dernier a été placé en résidence surveillée en mars, accusé par le gouvernement de tentative de rébellion, relançant les craintes d’un retour à un conflit généralisé.

Le gouvernement sud-soudanais n’a pas encore réagi officiellement. Le ministre de l’Information, Michael Makuei, est resté injoignable mardi. MSF a qualifié l’incident d’« attaque contre la mission humanitaire » et a rappelé qu’il s’agissait du dernier hôpital et de la dernière pharmacie fonctionnels dans cette zone enclavée.

Malgré la signature d’un accord de paix en 2018 mettant fin à cinq ans de guerre civile entre les partisans du président Salva Kiir et ceux de Riek Machar, la situation sécuritaire reste fragile. De nombreuses régions du pays sont toujours en proie à des violences localisées et à des tensions ethniques exacerbées, entravant le processus de transition.

La Commission des droits de l’homme de l’ONU a exhorté les autorités sud-soudanaises à enquêter immédiatement sur l’incident et à garantir la protection des infrastructures médicales. Elle appelle également les acteurs armés à respecter leurs obligations au regard du droit international humanitaire et à épargner les civils.

Partager