Un tribunal correctionnel de Créteil a condamné jeudi soir un homme de 22 ans à un an de prison avec sursis pour une série de vols et de dégradations commis début juillet dans un immeuble de Saint-Maurice (Val-de-Marne). Les faits, filmés par vidéosurveillance, visaient notamment plusieurs mézouzas, objets rituels fixés aux portes des appartements de familles juives. Dans la nuit du 6 juillet, l’individu, alcoolisé et sous l’emprise de cannabis, avait pénétré dans l’immeuble avant d’arracher cinq mézouzas, allant jusqu’à ingérer le texte sacré d’une d’entre elles. Il avait ensuite descendu au parking pour s’en prendre à plusieurs véhicules appartenant à des habitants de confession juive, brisant des vitres, volant divers effets personnels et déchirant une robe de luxe.
Un geste qualifié d’antisémite par les parties civiles
À l’audience, le prévenu a reconnu les dégradations mais contesté toute intention antisémite, expliquant qu’il cherchait des clés et qu’il « ne savait pas ce qu’il faisait ». Un argument balayé par les avocats des parties civiles, qui ont dénoncé des actes « guidés par la haine » et rappelé la portée symbolique des mézouzas comme signe de bénédiction au seuil d’un foyer. L’avocat de la défense a souligné l’état d’ébriété de son client et le fait que celui-ci s’était présenté au commissariat dès le lendemain, accompagné de sa mère. Mais pour les associations juives constituées partie civile, la répétition des gestes et le ciblage des habitants de l’immeuble ne laissaient guère de doute.
Une interdiction de séjour en plus du sursis
Le tribunal a retenu la culpabilité du jeune homme pour vols et dégradations aggravés, assortis de la circonstance liée à la religion des victimes. Outre la peine de prison avec sursis, il lui est interdit de se rendre à Saint-Maurice pendant deux ans. L’affaire intervient dans un contexte marqué par une forte hausse des actes antisémites en France, avec plus de 600 faits recensés au premier semestre 2025.