Daniel Chapellier, 75 ans, ancien directeur de l’établissement privé catholique Saint-Jean de Passy à Paris, comparaît depuis mercredi devant le tribunal correctionnel de Nanterre. Il est accusé d’avoir commis des attouchements sur un adolescent de 14 ans, dans son bureau, en février 2021. L’homme conteste formellement les faits.
Un élève convoqué, un silence brisé
Valentin (prénom modifié), élève en troisième, avait été convoqué par le directeur à la suite d’une triche en cours. À son retour à la maison, son comportement change. Ce n’est que plus tard, au fil des échanges avec sa mère, que le garçon évoque une scène vécue comme une agression : questions sur sa vie sexuelle, allusions à la masturbation, puis des gestes déplacés. Face aux juges, l’ancien chef d’établissement nie toute atteinte sexuelle. Il affirme que c’est l’adolescent qui aurait agi de manière inappropriée, allant jusqu’à baisser son pantalon de lui-même. Une version que le prévenu maintient avec force, tout en reconnaissant ne jamais avoir informé les parents ou alerté sa hiérarchie.
Un contexte trouble et des éléments dérangeants
L’affaire prend une résonance particulière alors que l’école, située dans le XVIe arrondissement, est réputée pour sa rigueur et son attachement aux valeurs morales. Des éléments relevés lors de l’enquête ont contribué à alimenter le malaise : des centaines d’images de jeunes adultes retrouvées sur l’ordinateur personnel du prévenu, et une activité importante sur des sites pornographiques à caractère homosexuel. Daniel Chapellier s’est défendu en expliquant qu’il s’agissait d’un travail de « documentation » sur les pratiques adolescentes. À la barre, il a mis en cause l’impact de la pornographie sur les comportements des élèves, estimant que « les dérapages de la jeunesse » en étaient la conséquence. Prévu sur une journée, le procès a été suspendu en raison de la complexité du dossier. La reprise est fixée au 6 juin, avec l’audition de témoins, les réquisitions et les plaidoiries. Le jugement pourrait être rendu dans la foulée.